
Ajouter aux favoris(INSEE, 17/07/2024)
En 2019, les salariés qui travaillent dans les services à la personne sont plutôt âgés et faiblement rémunérés. Souvent multi-actifs, ils travaillent majoritairement à temps partiel. Ceux-ci peuvent être répartis selon trois profils distincts. Un premier groupe rassemble 43 % des salariés, dont la majorité exerce depuis plusieurs années dans ce domaine. Ils réalisent ainsi une part élevée des heures rémunérées du secteur. Un deuxième groupe rassemble 9 % des salariés, pour lesquels cette activité constitue souvent un travail d’appoint venant compléter des revenus perçus dans le cadre d’une activité professionnelle exercée dans un autre secteur. Enfin, 48 % des salariés exercent une activité fluctuante, à la hausse ou à la baisse, dans les services à la personne au cours de la période allant de 2016 à 2019.
- Des métiers en tension, des emplois peu attractifs
- Les salariés dans les SAP depuis plusieurs années réalisent la majorité des heures du secteur
- Les SAP, une activité d’appoint pour une partie des salariés
- Pour de nombreux salariés, la part des SAP dans leur activité évolue sur la période
- Encadré – Des salariés plus âgés dans les SAP que dans l’hébergement-restauration
Des métiers en tension, des emplois peu attractifs
Le secteur des services à la personne (SAP), qui emploie un million de salariés [Borey et al., 2024], est au cœur de plusieurs politiques publiques. Les mutations économiques et sociodémographiques en cours (recompositions familiales, vieillissement de la population, etc.) devraient engendrer des besoins accrus de ces services dans les prochaines années. Ces besoins viendraient se confronter à une offre insuffisante, source de tensions grandissantes en matière de recrutement. D’une part, les salariés des SAP sont plutôt âgés, pour certains proches de la fin de carrière. D’autre part, les emplois dans les SAP sont peu attractifs financièrement : les emplois, bien que majoritairement en CDI, sont souvent à temps partiel et les rémunérations horaires nettes sont modestes (10 euros de l’heure fin 2019, contre 15,4 euros pour l’ensemble des salariés) et augmentent faiblement (+7 % en trois ans pour les salariés des SAP présents en 2016 et 2019, contre +10 % pour l’ensemble des salariés).
Les salariés des SAP ont changé en moyenne plus de trois fois de situation sur le marché du travail (passage d’un emploi à un autre emploi, période de chômage ou d’inactivité, etc.) d’un trimestre à l’autre entre 2016 et 2019, contre deux fois pour l’ensemble des salariés, révélateur de la précarité de l’emploi dans ce secteur.
Les trajectoires professionnelles des salariés qui exercent au moins une activité dans les services à la personne en 2019 sont variées (figure 1) : activité principale ou secondaire, pérenne ou non. Par convention, le terme « salariés des services à la personne » désigne dans la suite de cette publication l’ensemble des salariés des SAP au sens strict (salariés des organismes de SAP et salariés de particuliers employeurs exerçant au domicile du particulier), ainsi que les assistants maternels, même si ces derniers ne relèvent pas habituellement du champ des SAP.