
Ajouter aux favoris(LA Tribune, 18/09/2024) La Fédération des industries des équipements pour véhicules (Fiev) considère que la filière pourrait perdre plus de la moitié de ses emplois dans l’Hexagone.
Elle ne cache pas son pessimisme. La Fédération des industries des équipements pour véhicules (Fiev) s’inquiète pour l’avenir de la filière. D’après l’organisation, qui représente environ 300 sociétés – soit près de la moitié des 57.000 emplois du segment des équipements automobiles -, celui-ci pourrait rapetisser ces prochaines années.
« Vu l’activité, perdre la moitié d’emplois de plus ne me paraîtrait malheureusement pas exagéré sur les cinq ans à venir », a indiqué Jean-Louis Pech, le président de la fédération, ce mercredi en conférence de presse. « Ca peut se jouer très, très vite », a-t-il renchéri.
D’après la fédération, tous les voyants sont au rouge. La filière subit « de plein fouet » de nombreux « bouleversements », déplore-t-elle dans un communiqué. La Fiev évoque notamment la hausse du coût des matières premières, des transports comme de l’énergie, mais aussi la « transition complexe vers le 100% électrique en 2035 », ou encore l’agressivité des constructeurs chinois « sur la technologie des véhicules à batterie ».
Garder la « boussole » de 2035
Pour sortir la tête de l’eau et échapper à une « agonie lente », la fédération appelle, à l’instar de Renault, à « assouplir » le calendrier européen de la transition vers l’électrique. Elle appelle à un report des objectifs de Bruxelles de diminution des émissions de CO2 pour les véhicules neufs vendus en 2025. A l’instar d’autres industriels, la Fiev considère que le recul des ventes de voitures électriques empêchera les constructeurs d’être dans les clous. Ce qui pourrait leur valoir de fortes amendes, dont, au bout du bout, les équipementiers feraient les frais.
« Cette éventualité aurait un impact très négatif sur les équipementiers qui réalisent 85% de la valeur d’un véhicule », alerte la Fiev.
La fédération ne souhaite pas, en revanche, remettre en cause l’objectif du tout électrique en 2035. « Si on commence à sortir le seul objectif qui fixe un peu le cap, alors on n’a plus de boussole du tout, et on a mis des milliards sur la table », explique Jean-Louis Pech.
Les équipementiers automobiles s’attendent, logiquement, à payer au prix fort les difficultés des constructeurs, qui sont leurs donneurs d’ordres. Sur le Vieux continent, les mauvaises nouvelles se multiplient. Plusieurs usines sont menacées de fermeture. Les jours semblent désormais comptés pour l’usine Audi de Bruxelles. Le plus grand constructeur européen, Volkswagen, envisage lui de fermer deux usines en Allemagne. Stellantis a pour sa part annoncé la suspension de la production de sa Fiat 500 dans son usine de Mirafori, près de Turin. Ce mardi, des salariés de l’équipementier français Valeo ont, de leur côté, manifesté contre la fermeture de deux usines en Isère et d’un centre de recherche dans la Sarthe.