
Ajouter aux favoris(LA Tribune, 23/09/2024) EXCLUSIF. Afin de soutenir sa croissance, le fabricant auvergnat d’équipements de pointe à destination des groupes biopharmaceutiques lance la construction d’une usine de production dernière génération sur le Biopôle Clermont-Limagne, à Riom. 50 à 75 emplois seront créés. Une implantation qui participe à l’effort national de développement d’une filière française des biomédicaments. Verdot compte ainsi doubler de taille dans les cinq ans.
L’opération doit lui permettre d’augmenter sa capacité de production de 150% dès 2026. Verdot annonce la construction de son nouveau siège social mais surtout, d’une usine de dernière génération, capable de la faire changer d’échelle.
Pour cela, le groupe, spécialisé dans les technologies de purification de médicaments biologiques, a choisi de poursuivre l’aventure dans le Puy-de-Dôme, sur le Biopôle Clermont-Limagne à 15 km du centre de Clermont-Ferrand, et à proximité d’un grand carrefour autoroutier.
Créé il y a 70 ans en Auvergne, Verdot profite de l’essor des biomédicaments, ces produits dont les substances actives sont issues du vivant. Sa croissance annuelle moyenne flirte les 17% depuis 2019.
« Nous avons 35 ans d’expertise dans les technologies de purification de médicaments biologiques. Nous travaillons avec les plus grands groupes dans le domaine de biopharma et des biotech, comme Sanofi ou Pfizer. Mais en termes d’infrastructures de production, nous avions atteint nos limites. Le volume et la taille des équipements que nous fabriquons nécessitaient un agrandissement », explique Charles Ruban, tdg de Verdot qui a réalisé près 20 millions de chiffre d’affaires l’an dernier.
Orfèvre de la purification des médicaments biologiques
L’entreprise, soutenue par ses actionnaires, les fonds d’investissements français Qualium Investissement, Lauxera Capital Partners et Capital Export, prévoit un investissement massif de 10 millions d’euros. Et espère bénéficier du soutien financier de l’Etat et de la Région, dans le cadre notamment de France 2030.
Les travaux de ce nouveau site, d’une superficie d’environ 4.200 m², devraient débuter en début d’année prochaine, pour une livraison attendue au premier trimestre 2026.
L’usine comprendra une partie usinage et une autre d’assemblage. Car Verdot a la particularité d’être une entreprise intégrée qui conçoit, crée le design et fabrique ses colonnes de chromatographie axiale motorisée et autres systèmes de purification. A son actif : plus de 1.200 équipements installés dans le monde.
« Nous sommes uniques en France. Nos équipements servent à produire les principes actifs utilisés dans la fabrication des vaccins, de l’insuline, des thérapies géniques, de l’ARN messager… des médicaments, dont la production est complexe et onéreuse. Nous offrons à nos clients des technologies personnalisées, sur-mesure. Nous sommes dans l’orfèvrerie », souligne le dirigeant.
C’est l’un des éléments de différenciation de Verdot par rapport à ses concurrents qui proposent selon lui des solutions plus standards. Et si Verdot est aujourd’hui un petit Poucet dans ce secteur des biotechnologies, l’entreprise auvergnate ambitionne de doubler de taille dans les cinq ans. « Nous voulons devenir un acteur de plus en plus lourd et crédible. Mais déjà de nombreux laboratoires américains viennent nous chercher », se félicite Charles Ruban.
L’entreprise réalise, en effet, la moitié de son activité aux Etats-Unis, pays qui concentrent les plus grands investissements autour des thérapies nouvelles, cellulaires et génétiques.
Enjeu de souveraineté nationale
Et même si 90% de son chiffre d’affaires est réalisé à l’export, pas question de quitter la France. Verdot tient à s’ancrer dans le Puy-de-Dôme. « Nous devons capitaliser sur notre savoir-faire qui se trouve ici en Auvergne. Les personnes, qui savent designer nos systèmes sur-mesure et les fabriquer, vous ne les trouvez pas aux Etats-Unis », indique le PDG de Verdot.
Une bonne nouvelle dont les autorités devraient se réjouir alors que l’Hexagone est en retard sur les biomédicaments et tente, depuis quelques années, de muscler la filière, de la recherche à la production.
« Notre projet rentre dans l’effort général de bioproduction française dans une logique de développement de la souveraineté nationale. Il y a une volonté française très forte de miser sur ce secteur porteur. Nous avons adhéré à l’association France Biolead, qui regroupe les acteurs du secteur afin de se doter d’un éco-système puissant », poursuit le dirigeant.
Actuellement, 59 % des médicaments en développement dans le monde sont des biothérapies : de quoi nourrir l’intérêt de développer ce réseau d’acteurs et d’industriels engagés dans le secteur.
Cette nouvelle usine devrait également s’accompagner de la création, d’ici à 2030, de 50 à 75 emplois supplémentaires, ce qui représentera un doublement des effectifs en France pour Verdot. Avec des métiers variés, de la chaudronnerie, à l’automatisme et informatique industrielle, en passant par des postes commerciaux.