Accord national interprofessionnel du XX XXXXX 2024 en faveur de l’emploi des salariés expérimentés

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(MEDEF et Organisations syndicales, octobre 2024, 11 p.) Malgré l’amélioration générale de la situation du marché du travail observée depuis plusieurs années, qui se traduit notamment par des taux d’activité et d’emploi à des niveaux historiquement élevés, les partenaires sociaux constatent que de nombreux progrès restent à accomplir pour améliorer l’emploi et le travail des salariés expérimentés. Lire la publication  seniors ANI
L’écart encore important des taux d’emploi de la population des 15-64 ans entre la France et nos principaux partenaires (-10 points par rapport à l’Allemagne, -5 points par rapport à l’Union européenne) est essentiellement imputable aux écarts observés entre taux d’emploi des jeunes et des travailleurs les plus âgés.
En ce qui concerne les salariés expérimentés, force est de constater que la France est encore loin de la moyenne européenne : si le taux d’emploi des 55-59 ans est à présent au-dessus de la moyenne, celui des 60-64 ans reste parmi les plus bas de l’Union européenne (avec un écart d’environ 10 points par rapport à la moyenne, et qui culmine à 25 points avec l’Allemagne, la Suède et les Pays-Bas). De ce point de vue, l’allongement attendu des carrières rend légitime la nécessité d’élaborer des propositions pour permettre au marché du travail d’ « absorber » la hausse prévisible du nombre d’actifs de plus de 60 ans dans les prochaines années, alors même qu’aujourd’hui, au moment de leur départ en retraite, près de 10% des actifs ne sont plus en emploi pour des raisons de santé. A cet égard, l’amélioration des conditions de
travail et la prévention des risques professionnels constituent des leviers importants pour favoriser le
maintien en emploi des salariés expérimentés.
Par ailleurs, pour les demandeurs d’emploi de 60 ans et plus, le constat est souvent sans appel : si leur taux de chômage est inférieur aux autres catégories de demandeurs d’emploi, le risque de chômage de longue durée est lui plus important ; de même, le risque de retrait prématuré du marché du travail (seniors dits « ni en emploi ni en retraite ») suppose de renforcer leur accompagnement, et d’encourager leur recrutement par la mise en place de nouveaux dispositifs.
L’accroissement général du taux d’emploi de la population en âge de travailler est un objectif éminemment souhaitable pour faire face aux défis majeurs auxquels est confronté notre pays dans un contexte de vieillissement démographique : compétitivité, rétablissement des finances publiques, pérennité de notre modèle social, mais aussi transitions numériques et écologiques. Pour autant, cet objectif ne pourra être atteint que s’il est accompagné d’une part par la construction de dispositifs pertinents incitant au maintien dans l’emploi, au maintien de l’employabilité et à l’embauche des publics
aux plus faibles taux d’emploi, et d’autre part par une action plus résolue sur la santé au travail, l’environnement de travail et, plus généralement, la soutenabilité du travail. Ces évolutions appellent également une adaptation des pratiques organisationnelles et managériales.
Au-delà, il est indispensable d’améliorer la capacité des entreprises à anticiper l’évolution des emplois et des compétences et à prévenir les risques de désinsertion et d’usure professionnelle, en prenant en compte les spécificités liées à la taille des entreprises, et notamment des TPE PME. Pour être pleinement efficace, cette action doit intervenir bien avant la fin de carrière et se déployer tout au long de la vie professionnelle..