
Ajouter aux favoris(La Tribune, 14/11/2024) Attendue depuis plusieurs mois, la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie vient d’entrer dans une phase de concertation de six semaines. À l’échelon régional, l’association France Renouvelables plaide pour une accélération de l’éolien et du photovoltaïque.
Soumise à concertation jusqu’à mi-décembre, la future programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) du gouvernement fixe comme objectif national la production d’au moins 640 TWh d’énergies renouvelables d’ici 2035, contre 390 TWh en 2022, selon le Citepa, une association scientifique d’information sur la protection de l’environnement. Cette ambition repose notamment sur l’augmentation de la capacité solaire, passant de 16 GW en 2022 à 100 GW en 2035, et le doublement de la puissance éolienne.
Au niveau local, en Auvergne-Rhône-Alpes, l’association France Renouvelables a présenté mi-octobre ses « propositions » en ce sens.
« Cela se traduit par une multiplication par deux de la capacité de production d’énergie éolienne et par cinq de celle de photovoltaïque. Pour atteindre : 2,5 à 3 GW d’éolien terrestre et 10 GW d’énergie solaire d’ici 2035 », explique Clément Cunin, responsable des relations institutionnelles et territoriales chez France renouvelables.
Un objectif jugé atteignable et aligné avec le Sraddet (schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires), assure Clément Cunin. Clara Trevisiol, Présidente du syndicat Aura Digital Solaire, avance même une ambition plus forte avec ce même objectif pour le photovoltaïque d’ici 2030 cette fois-ci.
Les centrales solaires, un potentiel fort
Pour les acteurs interrogés, tous les signaux sont au vert: ressources humaines disponibles et formées, parfois en interne, maturité de l’énergie, bonne acceptabilité des projets et disponibilité du foncier.
Stéphane Maureau, directeur général d’UNITe, producteur d’énergies renouvelables basé à Lyon, évoque un investissement massif sur les toitures en autoconsommation et les parkings pour doper la puissance photovoltaïque installée. Clément Cunin évoque 30 à 40% du futur de la production solaire via ce système réparti ainsi : 10% pour les toitures des particuliers et 20 à 25% sur les grandes toitures et les ombrières.
Mais l’essentiel de la production, soit 60 à 70%, sera porté par « le photovoltaïque au sol et l’agrivoltaïsme ». Une fourchette confirmée par Stéphane Maureau qui insiste, de son côté, sur le potentiel de ce dernier et « la bonne coexistence d’une activité agricole et de la production d’électricité renouvelable ». Du chemin reste néanmoins à parcourir pour convaincre plus d’agriculteurs.
Les centrales solaires au sol seront, en effet, nécessaires pour bénéficier d’une électricité compétitive. Car le ratio production – coût (raccordement et installation) est plus intéressant sur de grandes surfaces, détaille Clément Cunin.
Le potentiel du photovoltaïque est d’autant plus important qu’il a été admis que « les installations au sol ne constituent pas une artificialisation des sols », rapporte le directeur général d’UNITe. Un point essentiel à l’heure où la loi ZAN appuie une nouvelle maîtrise du foncier. Mais là encore, Stéphane Maureau souligne que les premiers sites équipés ou en voie de l’être sont déjà artificialisés (anciennes carrières, friches industrielles…). Sans oublier les zones d’accélération qui doivent encore être déterminées par les maires.
Malgré ces nombreux signaux « au vert », on observe un ralentissement des délivrances de permis de construire, à la main des préfectures, confie Clara Trevisiol. Et globalement une couche administrative trop importante, renchérit Stéphane Maureau qui rallonge le temps d’exécution.
À l’inverse, tous s’accordent pour dire que le déploiement de l’éolien sera plus complexe, en raison d’une forte réticence des populations locales, explique le directeur général d’UNITe. Mais aussi des contraintes réglementaires et techniques qui limitent leur implantation en montagne ou encore « les radars militaires ou météorologiques qui peuvent grever des espaces de potentiel », ajoute Clément Cunin.