
Ajouter aux favoris(Rebondir, 26/03/2025) Parmi les secteurs porteurs pour l’emploi et les reconversions à impact, la filière vrac et réemploi se structure et se développe. Et offre de plus en plus de perspectives de carrière – sur des postes variés en amont ou en aval de la chaîne de production – porteuses de sens et ancrées dans un domaine d’avenir.
« Les Français jettent en moyenne 2 196 emballages par personne et par an, affirme Célia Rennesson, cofondatrice et présidente générale de Réseau vrac et réemploi, qui fédère l’écosystème de la filière. Nous avons lancé l’association il y a 9 ans pour démocratiser la vente en vrac et accompagner les entreprises qui créent de l’emploi pour fabriquer, distribuer et acheminer les produits en vrac et pour faire vivre la chaîne du réemploi des emballages. » Des activités de production d’emballages réutilisables jusqu’à la vente en vrac en magasins, en passant par la collecte, le reconditionnement et le lavage des emballages, c’est toute une économie circulaire et vertueuse qui recrute aujourd’hui. « Notre filière fait évoluer et muter des professions déjà existantes dans la production, la logistique et la vente, et crée également de nouveaux métiers spécialisés » complète Célia Rennesson. En 2024, le secteur comptait 8 000 emplois en France non délocalisables, selon le baromètre Deloitte filière vrac et réemploi, pour quelque 13 millions d’emballages en circulation. Des postes qui se répartissent entre la filière en amont (équipementiers et services ; tri, collecte et lavage ; accompagnement ; metteurs en marché), qui représente 20 % du total ; et la filière en aval (distribution et vente), qui représente les 80 % restants. Cette partie distribution est notamment portée par les épiceries vrac spécialisées, mais aussi les points de vente dans la grande distribution et les magasins bio.
Portes ouvertes aux reconversions
« La filière est très jeune. Aujourd’hui, ce sont les points de vente qui concentrent le plus d’emplois, mais avec le développement de l’offre de produits en vrac, notamment grâce au décret vrac dans la loi Climat et résilience, on va pouvoir à la fois staffer davantage les magasins et créer des emplois en amont. Il y a toute une industrie en devenir, avec des opportunités pour les créateurs d’entreprises et les personnes en reconversion », analyse la présidente de Réseau vrac et réemploi. Les porteurs de projet sont notamment nombreux dans les métiers de la distribution et de la vente en vrac qui, tous postes et statuts confondus, sont occupés par 80 % de femmes. « Beaucoup de ces entrepreneuses sont issues d’une reconversion professionnelle. Tout comme beaucoup des employés de ces magasins », précise Célia Rennesson.
Pour illustrer l’étendue des opportunités et la diversité des activités, David Sutrat, cofondateur de la société à mission et opératrice du vrac d’Osmosia et de l’enseigne de magasins Day by day, présente les activités de ses marques : « Nous avons trois grands métiers. D’abord, nous sommes un sélectionneur de produits, nous travaillons avec des dizaines de fournisseurs français pour créer de l’offre, avec un focus particulier sur les modes de production responsables et la traçabilité. Ensuite, on est un logisticien, parce que l’on réceptionne et l’on conditionne tous les produits et emballages vendus en magasin. Et, enfin, on est un conditionneur circulaire, puisque l’on fournit des produits et des emballages réutilisables à d’autres entreprises de la filière. Il y a une co-construction de l’offre qui crée de l’emploi sur toute la chaîne. » A tous les étages et à tous les niveaux, les profils en reconversion sont très présents. « La quête de sens et la volonté de changer d’activité pour une carrière plus responsable, c’est du quasi 100 %, affirme David Sutrat. C’est le critère numéro un que nous utilisons pour sélectionner nos futurs franchisés. »
Un secteur porteur
La filière anticipe déjà des fortes perspectives d’embauches, avec la projection de 30 000 emplois directs supplémentaires dans le vrac et le réemploi dans les 15 prochaines années. « Le nombre d’emballages en circulation va rapidement évoluer : l’objectif annoncé en France est le réemploi de 10 % de tous les emballages dans toutes les filières d’ici à 3 ans (emballages ménagers, professionnels, restauration, logistique…). Or, nous n’étions en 2023 qu’à 1,1 %. La marge de progression et le potentiel de créations d’emplois sont énormes. »
Épicier vrac, concepteur de cosmétiques solides, préparateur de commande / livreur, opérateur de lavage, directeur industriel, agriculteur, responsable rayon spécialisé, data analyst… Découvrez les métiers et les opportunités d’emploi de la filière sur le site de Réseau vrac et réemploi.