
Ajouter aux favoris[Centre Inffo – 05/01/2026] « La VAE ? Mais ça n’existe plus ! » Cette assertion, fausse, mais issue d’une récente conversation professionnelle, témoigne de la difficulté de la validation des acquis de l’expérience à s’installer dans l’écosystème. Principal frein évoqué : la complexité. Et si l’IA venait simplifier la mise en œuvre ?
D’aucuns pourraient s’étonner d’un projet visant à marier la quintessence de la technologie contemporaine avec le concept de validation des acquis de l’expérience, terrain réflexif par excellence. C’est pourtant bien l’ambition de Yannick Vigignol, ancien responsable du service formation continue et VAE de l’université de Clermont-Ferrand, par ailleurs élu local en charge du numérique et de l’open data [ 1 ].
Du positionnement…
De cette expertise est née l’intuition d’une alliance pertinente entre IA et VAE, à partir d’un double constat. D’un côté, un dispositif qui peine à décoller. Pourquoi ? La cause principale identifiée est la complexité du processus, que l’expert résume comme « une difficulté à transcrire une correspondance sémantique entre un parcours et un référentiel. »
Conséquence ? Des candidats qui se retrouvent perdus face à un maquis de plus de 5 000 certifications actives au RNCP. De l’autre côté, l’émergence des IA génératives, capables de réaliser des jeux de correspondance à grande échelle. L’IA semblait ainsi offrir une réponse technologique directe au principal verrou de la VAE : faciliter la mise en relation entre l’expérience d’une personne et les attendus d’une certification. Un coup de pouce d’autant plus bienvenu qu’il apparaît selon l’expert que même l’assistance de conseillers VAE peinait à raccourcir cette phase d’identification qui prend souvent jusqu’à trois mois.
…à la rédaction
Avec pour seule limite l’imagination, les usages sont nombreux. Au-delà du positionnement, c’est par exemple cette même faculté de correspondance sémantique qui permet aussi à l’IA d’assister le candidat dans la rédaction de ses livrets. Pour le livret 1, l’IA peut pré-remplir le dossier, fluidifiant une étape souvent perçue comme fastidieuse. Pour le livret 2, l’étape la plus délicate, l’IA peut aider à structurer la pensée, à enrichir le vocabulaire ou à reformuler, mais ne doit pas se substituer au fond. Elle peut aussi devenir un partenaire d’entraînement, le candidat pouvant lui demander de jouer le rôle de jury. Également gagnant, ce dernier pourrait lui recourir à l’IA pour synthétiser des livrets parfois très longs, et aider à formuler des préconisations en cas de validation partielle.