
Ajouter aux favoris(La Tribune, 11/12/2024) À quelques semaines du franchissement d’une nouvelle étape pour la ZFE lyonnaise, Fabien Bagnon, vice-président de la métropole en charge des mobilités innovantes, dresse un premier bilan du service d’autopartage Citiz, transformé en service public depuis avril dernier. Malgré une croissance de la flotte et du nombre d’usagers, le modèle, déficitaire, reste à consolider, confirme l’élu.
Le 1er janvier 2025, les véhicules disposant d’une vignette Crit’Air 3 ne pourront plus circuler dans la métropole de Lyon sous peine d’une amende. La réglementation relative à la ZFE se renforce, sous l’impulsion de l’État. Une réalité qui engage la Métropole à développer ou renforcer les alternatives à l’autosolisme via le covoiturage, le renforcement du réseau de transports en commun, du vélo mais aussi de l’autopartage. Ce dernier, qui permet de louer un véhicule 24h/24 et 7jours/7, tout compris, pour la durée souhaitée, a fait l’objet d’une attention particulière de la Métropole cette année.
Créé en 2002, le réseau Citiz, coopérative qui regroupe 14 opérateurs locaux indépendants, s’est lancé dans la métropole de Lyon en 2008, avant de se transformer, en avril 2024, en service public métropolitain. Il opère également à Grenoble, Annecy et plus largement à Bordeaux, Nantes, Lille ou encore Montreuil via d’autres opérateurs.
Un tiers d’usagers en plus
Huit mois après ce changement de statut, Fabien Bagnon, vice-président de la Métropole de Lyon en charge des mobilités innovantes, dresse un premier bilan plutôt encourageant.
Entre fin 2021 et fin 2024, sa flotte a été multipliée par six, passant ainsi de 100 à 600 véhicules répartis sur les 220 stations de la métropole. Dont 200 se sont ajoutés cette année, pointe le vice-président, permettant ainsi de mailler près des ⅔ du territoire avec 34 communes sur 58 disposant au moins d’une station.
En termes d’usagers aussi, les résultats sont positifs puisqu’une croissance de 30% du nombre d’usagers est annoncée en seulement quelques mois. Soit 13.000 utilisateurs enregistrés contre 5.000 seulement en 2019 pour 47.000 réservations depuis avril 2024.
« Cela reste à consolider, tempère Fabien Bagnon. Par rapport à d’autres pays européens nous sommes en retard mais cela veut dire que nous avons une marge de manœuvre importante. Et nous sommes alignés avec nos objectifs en termes d’utilisateurs. »
Un manque de notoriété
Ce déploiement géographique s’appuie sur le schéma directeur de l’Autopartage, présenté par la métropole de Lyon en décembre 2023, mais aussi des campagnes de publicité, des événements dédiés à la promotion de l’autopartage ou encore la mise en place des « box mobilité », des offres découverte proposant aux prospects 3 mois d’abonnement gratuit et un crédit de 75 euros.
Si « le taux de conversion des box mobilité n’est pas très important », cela a permis de faire connaître le service, assure Fabien Bagnon.
Ce qui est essentiel car Citiz manque de cette notoriété. « Certaines personnes confondent encore le covoiturage et l’autopartage ou ne connaissent pas l’existence de ce service », constate l’élu.
L’enjeu est majeur car, aujourd’hui, le service est déficitaire avec un coût de fonctionnement évalué à 8 millions d’euros pour des recettes de 5 millions d’euros. Soit 3 millions d’euros de déficit.
2025 : à la conquête de nouveaux publics
Un plan de conquête sera d’ailleurs lancé début 2025 pour attirer de nouveaux utilisateurs. Si le contenu n’est pas encore dévoilé, le vice-président évoque déjà quelques pistes.
« Nous avons une volonté d’aller vers les entreprises qui sont une cible très intéressante. Une fois que les salariés possèdent un abonnement pris en charge par l’entreprise, ils peuvent l’utiliser en dehors du temps de travail également, le soir ou le week-end. »
Ce qui permet de doubler l’impact du service. Les associations font aussi partie des publics visés, confirme le vice-président. Face à lui, Citiz devra faire face à la concurrence des acteurs privés comme Leo&Go (400 véhicules), Drivalia ou Zity.
Aussi, le schéma directeur de l’Autopartage projette une croissance du parc de Citiz autour de 3.500 véhicules d’ici à 2030. Si Fabien Bagnon ne remet pas directement en cause cet objectif, il évoque une « période de stabilisation de deux ans » pour faire connaître le service et l’ancrer dans le territoire. Car en suivant cette trajectoire, cela nécessiterait l’ajout de près de 500 véhicules par an jusqu’en 2030 compris.
Or, entre la crise de l’immobilier qui a fait chuter les Droits de mutation à titres onéreux (DMTO), la disparition de la CVAE et une future loi de finances qui laissait présager des recettes en moins pour les collectivités, le contexte budgétaire pourrait se traduire par une contraction des investissements. Le report d’une première Voie Lyonnaise, la n°12, en est d’ailleurs un premier présage.