
Ajouter aux favoris(Ecrire sur et pour le Travail social, 04/02/2025) Dans un rapport publié ce mois de janvier, la Cour des comptes (CDC) a émis une série de recommandations visant à réformer en profondeur la formation initiale des travailleurs sociaux chargés de l’accompagnement social généraliste. Ces propositions, qui visent, je cite : « à moderniser et à uniformiser les parcours de formation », soulèvent des questions importantes sur l’avenir de nos professions. Examinons de plus près les enjeux et les implications de ces préconisations qui mettent à nouveau l’accent sur le métier unique de « travailleur social ». Après avoir expliqué le raisonnement de la Cour des comptes, regardons ensuite pourquoi cette fusion des métiers sera préjudiciable aux personnes accompagnées.
Un constat de cloisonnement persistant
La Cour des comptes souligne que malgré les efforts entrepris depuis 2018 pour créer une culture professionnelle commune, les formations d’assistant de service social (ASS), de conseiller en économie sociale familiale (CESF) et d’éducateur spécialisé (ES) restent largement cloisonnées. Cette situation est selon la CDC en partie due à la grande liberté laissée aux établissements de formation dans l’élaboration de leurs programmes, ce qui conduit à une déclinaison des compétences principalement axée sur la logique métier.
Ce cloisonnement est particulièrement marqué pour le diplôme d’État de CESF. Leur formation se déroule en grande partie ou intégralement au lycée. Cette spécificité ne favorise pas les échanges et le partage de bonnes pratiques entre les futurs professionnels du travail social, créant ainsi des barrières artificielles dès la formation initiale. Lire la suite