
Ajouter aux favoris(CCI de la Loire, 27/03/2025) Le Baromètre industriel de l’État, publié par la Direction générale des Entreprises (DGE), est un outil de suivi de la réindustrialisation en France. Mis à jour semestriellement, il recense le nombre net de nouveaux sites industriels et d’extensions significatives. L’édition de mars 2025 met en lumière les tendances industrielles observées en 2024 et permet d’évaluer la dynamique des territoires.
Un ralentissement au niveau national, mais une bonne dynamique régionale
En 2024, la réindustrialisation en France a marqué un ralentissement, avec 89 ouvertures nettes de sites industriels contre 189 en 2023. Cette tendance s’inscrit dans un contexte économique marqué par :
- Une hausse des défaillances d’entreprises (+13 % en un an).
- Une augmentation des plans de sauvegarde de l’emploi (+34,8 %).
- Une baisse des investissements étrangers (-7 % par rapport à 2023).
Malgré cette conjoncture, l’Auvergne-Rhône-Alpes (ARA) affiche +32 ouvertures nettes de sites industriels, confirmant ainsi son rôle de moteur industriel en France.

Les secteurs porteurs dans l’industrie en 2024
Les tendances sectorielles nationales permettent d’éclairer la dynamique régionale. En 2024, deux secteurs ont particulièrement contribué à la réindustrialisation :
L’industrie verte : un levier de croissance
Le secteur de l’industrie verte, qui regroupe la production d’énergies décarbonées et les mobilités durables, affiche 27 ouvertures nettes en France. L’Auvergne-Rhône-Alpes, forte de son écosystème industriel structuré, bénéficie de cette dynamique dans plusieurs domaines :
- Production de batteries et de technologies hydrogène,
- Fabrication de panneaux photovoltaïques et de pompes à chaleur,
- Développement du recyclage et de la revalorisation des déchets.
L’agroalimentaire : un secteur en progression
Avec 20 ouvertures nettes en 2024, l’agroalimentaire poursuit son développement. La région, riche en industries de transformation et en savoir-faire, s’appuie sur un tissu d’entreprises innovantes pour répondre aux nouvelles attentes du marché (produits bio, circuits courts, technologies de conservation avancées).
Des secteurs sous pression
À l’inverse, certains secteurs connaissent une baisse d’activité, influencée par la crise énergétique et les mutations industrielles :
- Le transport (-12 ouvertures nettes en France) : particulièrement impacté, le secteur automobile concentre 31 des 36 fermetures enregistrées.
- La plasturgie et la mécanique (-2 chacun) : fragilisées par la hausse des coûts de production et la concurrence internationale.
Ces tendances nationales nécessitent une vigilance accrue en Auvergne-Rhône-Alpes, où ces filières sont également représentées.
Une attractivité régionale toujours forte
Malgré un contexte économique incertain, la région Auvergne-Rhône-Alpes demeure une région attractive pour l’implantation industrielle grâce à plusieurs atouts :
- Un tissu économique diversifié, intégrant des pôles d’excellence en innovation et production industrielle.
- Des infrastructures performantes, facilitant l’export et la logistique industrielle.
- Un soutien institutionnel, avec des dispositifs régionaux visant à accompagner la modernisation des entreprises et la transition écologique.
Perspectives et défis pour 2025
Si la tendance au ralentissement devrait se poursuivre en 2025, plusieurs opportunités restent à saisir :
- Développement de l’industrie verte, avec des investissements croissants dans les énergies renouvelables et la décarbonation,
- Innovation technologique, notamment via la digitalisation et l’automatisation des processus industriels,
- Accompagnement des entreprises, grâce aux dispositifs publics soutenant l’implantation et la modernisation des sites.