Les diplômes ont-ils perdu de leur valeur ?

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(The Conversation, 08/04/2025)  La profession qu’exercent les actifs ne correspond que dans un tiers des cas au domaine de formation qu’ils ont suivie. Dès lors, quelle valeur accorder exactement aux diplômes ?


Dans une société où l’égalité entre tous est un principe fondamental, mais où les « places » sont dotées d’avantages très inégaux (en termes de salaires, de conditions de travail…), il s’agit de répartir celles-ci de sorte que la hiérarchie des emplois soit considérée par tous comme légitime. C’est un véritable challenge.

On s’accorde sur le fait qu’allouer les postes selon les compétences est à la fois juste et efficace. Mais évaluer la compétence n’a rien d’évident et l’institution scolaire se voit confier cette responsabilité, concrétisant ses jugements par un diplôme.

On peine à imaginer comment l’on procéderait sans ce classement par diplômes : que les places soient héritées ou tirées au sort, la société paraîtrait encore plus injuste… Cependant, ces verdicts scolaires restent-ils pertinents dans un contexte où le niveau des qualifications progresse bien plus vite que celui des emplois ?

Le diplôme comme garantie de qualification ?

Les diplômes sont censés garantir la « vraie » valeur professionnelle des personnes. Tout particulièrement en France. À la fin des années 1960, des experts ont construit des nomenclatures appariant le niveau des études et la qualification des emplois. Même si elles ont été revues en 2019, ces nomenclatures valent encore aujourd’hui pour l’accès aux concours, mais aussi comme référence commune, invitant à considérer comme normal qu’on accède à des emplois de cadres à partir du niveau II (licence, aujourd’hui niveau 6), qu’on devienne employé ou ouvrier qualifié quand on est doté d’une formation de niveau V (CAP-BEP, aujourd’hui niveau 3), etc. Lire la suite