
Ajouter aux favoris(C-Campus, 16/06/2025) Le 11 juin dernier nous intervenions chez notre partenaire Cadres en Mission sur le thème de l’utilisation des intelligences artificielles génératives pour stimuler la réflexivité humaine. Le public était choisi : consultants et formateurs, managers de transition, etc. Bref des professionnels familiers de l’accompagnement, du management et du développement des compétences ! Nous avons donc pu réfléchir et travailler aux “usages concrets des IA en tant qu’outils réflexifs”, déjà dans les activités (formation, conseil, etc.) des participants eux-mêmes !
Loin de remplacer notre pensée critique, les IA pourraient en effet en devenir des outils catalyseurs. Cet article prolonge notre réflexion du 11 juin et partage nos convictions, appuyées sur la recherche et sur notre pratique de ce que peut être concrètement la “réflexivité” au travail et en formation.
Nos générations connaitront vraisemblablement tout un univers d’apprentissages hybrides, avec une sorte d’alliance cerveau humain – cerveau artificiel, où l’IA pourrait nous servir d’assistant réflexif ou de “miroir cognitif”, mais où elle ne remplacerait pas nos capacités réflexives, qui caractérisent notre humanité même.
La réflexivité, caractéristique de l’apprentissage humain
La réflexivité, c’est notre capacité à prendre du recul sur nos modèles mentaux, nos actions, nos émotions, nos décisions. Elle est notamment au cœur de 3 grands fondamentaux de la formation des adultes : l’apprentissage profond, l’ancrage et le transfert pédagogique.
La réflexivité repose sur au moins 5 piliers, proprement humains
Dans un premier temps, avant d’aborder plus bas des aspects pratiques, nous allons redécouvrir que la réflexivité reste un processus mental spécifiquement humain. En réalité, les intelligences artificielles ne sont pas “réflexives” car elles ne possèdent pas vraiment ces 5 fondamentaux des êtres humains :
- Notre plasticité cérébrale et métacognitive qui nous amène à être capable de nous auto-observer, de manière critique comme l’a montré le Pr. Stanislas Dehaene. L’apprentissage passe alors par l’attention (recherches du Pr. Lachaux), l’erreur, et la consolidation. Ces processus cognitifs sont modulés par notre “conscience de soi”. On peut aussi faire référence aux travaux d’Olivier Houdé sur la métacognition et la résistance cognitive (apprendre à résister à soi-même) Lire la suite