Avoir un rôle de tuteur en entreprise : un travail qui ne va pas de soi

FavoriteLoadingAjouter aux favoris

(CEREQ Bref, juillet 2025) En entreprise, l’accueil et la formation d’un·e alternant·e, d’un·e stagiaire, d’un·e nouvel·le embauché·e ou d’un·e collègue en mobilité sont généralement assurés par un·e salarié·e déjà en place. Souvent considéré comme allant de soi, ce rôle de tutorat est pourtant loin d’être une simple extension de l’activité quotidienne. Ce Céreq Bref propose une lecture croisée, quantitative et qualitative, de cette pratique professionnelle, en soulignant les enjeux de sa valorisation et de son intégration dans les politiques d’entreprise.

Si le tutorat en entreprise peut être exercé à différents titres (pour former, intégrer, faire découvrir des métiers…), avec des intensités
et des temporalités très distinctes, il est souvent présenté comme une évidence [1]. Défini comme « activité de personne à personne » permettant à un tutoré « d’acquérir ou de développer des compétences grâce à la contribution d’un salarié expérimenté appelé “tuteur” » [2], il signe la montée en puissance d’enjeux comme la capacité à réussir des processus de recrutement et d’intégration
en contexte de tensions sur le marché du travail, ou à renouveler des personnels du fait de départs importants à la retraite. Les tuteur·ices qui le pratiquent tendent pourtant à être perçu·es comme des figures « naturelles » amenées, vu leur ancien-
neté, à transmettre aisément leurs savoirs à des plus jeunes dans la continuité de leur activité quotidienne. En outre, quand bien même il est valorisé, ce rôle comme les conditions de travail des personnes qui l’endossent, et les modalités de sa reconnaissance semblent insuffisamment documentés et pris en compte dans les régulations et les politiques d’entreprise. Lire la suite