
Ajouter aux favoris[THE CONVERSATION 6-03/02/2026]
Les outils d’intelligence artificielle semblent dialoguer avec les internautes qui les interrogent. Mais il n’y a aucune réciprocité dans ce type d’échanges, les réponses de ChatGPT résultent d’une production de langage automatisée. Quelles conséquences cette illusion a-t-elle sur notre rapport au savoir ? Mobiliser le concept de « résonance », développé par le philosophe Hartmut Rosa permet de mieux évaluer ces transformations.
L’usage des intelligences artificielles (IA) génératives, et en particulier de ChatGPT, s’est rapidement imposé dans le champ éducatif. Élèves comme enseignants y ont recours pour chercher des informations, reformuler des contenus ou accompagner des apprentissages. Mais, au-delà de la question de l’efficacité, une interrogation plus fondamentale se pose : quel type de relation au savoir ces outils favorisent-ils ?
Pour éclairer cette question, il est utile de mobiliser le concept de « résonance », développé par le sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa. La résonance désigne une relation au monde dans laquelle le sujet est à la fois affecté, engagé et transformé, sans que cette relation soit entièrement maîtrisable. Rosa voit dans cette forme de rapport au monde une manière de résister à l’aliénation produite par l’accélération contemporaine.
Dans son ouvrage Pédagogie de la résonance, il applique ce cadre au domaine éducatif et précise les conditions dans lesquelles une relation résonante au savoir peut émerger. C’est à l’aune de ces critères que nous proposons d’interroger l’usage de ChatGPT en contexte éducatif.