(Les acteurs de la Compétence, 10/04/2025) Alors que le Gouvernement envisage de diminuer significativement le financement de l’apprentissage quand il fait appel à des modalités de formation innovantes à distance, les acteurs du secteur expriment leur vive inquiétude.
Loin d’être une modalité « allégée », les modalités de formation à distance reposent sur un investissement pédagogique, humain et technologique majeur.
Les formations à distance répondent non seulement aux exigences légales et qualitatives, mais sont aussi un levier essentiel d’inclusion, d’innovation et de performance pédagogiques.
Une obligation d’ingénierie complexe
Les centres de formation à distance conçoivent intégralement leurs contenus : cours, vidéos, exercices, accompagnements, défis métiers, contenus d’insertion, etc. Cette modalité de formation repose sur des équipes complètes et qualifiées (rédacteurs, ingénieurs pédagogiques, vidéastes).
Les contenus sont maintenus, mis à jour et enrichis régulièrement, garantissant leur pertinence et leur conformité.
Des coûts structurels majeurs liés à la qualité et à la conformité
La formation à distance nécessite des investissements technologiques considérables : plateformes LMS, CRM, ERP, hébergement sécurisé, maintenance, Intelligence Artificielle…
Jusqu’à 25% du chiffre d’affaires est investi en innovation technologique au service de la pédagogie.
Baisser les niveaux de prise en charge de l’apprentissage réalisé à distance aurait pour conséquence immédiate une baisse des investissements en innovation ce qui rendrait la France moins compétitive.
Un accompagnement humain omniprésent et diversifié
Les obligations relatives aux organismes de formation par alternance imposent un accompagnement humain structuré pour prévenir le décrochage.
Cet accompagnement humain est mis en œuvre dans les formations distancielles, tout autant que dans les formations présentielles : tuteurs, formateurs, coachs, référents pédagogiques, classes virtuelles, cellules anti-décrochage : le modèle à distance est fortement encadré.
L’accompagnement est systématique, planifié et contrôlé. Des ratios formateur/apprenant sont appliqués et justifiables.
Une pédagogie tournée vers l’innovation et adaptée aux pratiques des entreprises
Le numérique permet une pédagogie active : parcours personnalisés, contenus interactifs, adaptative learning, etc. Les formations digitales déploient une pédagogie tournée vers l’innovation et le numérique, qui préfigurent des modalités de fonctionnement qui existent déjà dans les entreprises.
Des indicateurs de pilotage transparents, précis et audités
Les formations à distance sont pilotées par des données : taux de complétion, participation, satisfaction, insertion, etc. Ces indicateurs sont audités et permettent une gouvernance fondée sur des preuves, bien au-delà de simples déclarations.
Une décision du gouvernement qui pénalise les apprenants et l’égalité des chances d’accès à la formation et à la qualification
La formation à distance est particulièrement adaptée à un public jeune adulte, aux personnes en situation de handicap et aux personnes peu disponibles pour de la formation en présentielle, notamment les actifs en contrats précaires, les parents isolés, les actifs vivants dans des zones géographiques isolées.
Tendre vers la disparition de la formation à distance pénaliserait donc tout un public, souvent plus fragilisé, dans l’accès à la compétence et à la qualification.
Pour garantir la qualité, l’équité, et protéger l’innovation
Si la minoration des financements des formations distancielles est liée à des enjeux de restriction budgétaire, alors doit aussi être évoquée et débattue la spécificité des CFA publics qui bénéficient des mêmes financements, en plus de leurs autres sources de financements publics.
S’il s’agit de qualité il faut s’intéresser aux résultats (taux d’obtention du diplôme, taux de poursuite d’études, taux d’insertion dans l’emploi), indifféremment de la modalité de formation (présentiel ou distanciel) et du statut du CFA. Lire la suite