Baromètre 2026 de la formation professionnelle

(AEF – edflex)

L’adoption de l’IA par les services formation est une priorité qui bute sur de nombreux freins (Baromètre Edflex)

Près de 95 % des responsables formation estiment que les formats IA répondent à leurs enjeux, mais seulement 66 % jugent que leurs équipes ont le niveau pour s’approprier la technologie, et les usages concrets restent insuffisants. Selon le baromètre Formation professionnelle 2026 de la plateforme de formation en ligne Edflex, publié vendredi 17 avril 2026, l’IA est intégrée et utilisée au quotidien dans 14 % des services formation, 50 % estimant qu’ils en ont une utilisation insuffisante. Pour 23 % l’intégration est en cours, et 13 % n’ont pas recours à cette technologie.

« Lorsque l’ IA est intégrée dans les pratiques des équipes formation, elle produit des résultats tangibles : moins de temps passé sur les tâches opérationnelles, une meilleure adéquation entre les besoins identifiés et les ressources proposées, des arbitrages plus rapides », relève le baromètre formation Edflex 2026, publié vendredi 17 avril 2026. L’étude, réalisée auprès de 200 décideurs de la stratégie formation de PME, d’ ETI et de grands groupes, montre que l’intelligence artificielle est une priorité stratégique pour ces dernières, mais que son adoption reste timide en raison des nombreux freins à sa démocratisation : budgétaires, technologiques, culturels, mais aussi le manque de cas d’usage clairement identifiés. « Les directions doivent allouer un budget dédié, définir une gouvernance claire sur les usages de l’IA et donner aux équipes formation la légitimité pour expérimenter », poursuit Edflex.L’étude souligne que le dynamisme autour de l’IA « s’accompagne d’une maturité encore en construction », ce qui est naturel pour une technologie récente. Ainsi, 72 % des répondants s’auto‑évaluent à moins de 5 sur 10 dans son utilisation dans le champ de la formation. Les freins principaux cités par les répondants sont avant tout les contraintes budgétaires (46 %), l’inadéquation perçue des solutions disponibles (41 %) et les craintes liées à la cybersécurité et à la conformité du RGPD (40 %). « Ces résultats mettent en lumière une tension profonde entre l’aspiration à innover et la nécessité de garantir un cadre sécurisé, souverain et centré sur l’humain », note Edflex.

Un levier d’optimisation de l’efficacité et de la qualité

Si les responsables formation ont encore des difficultés à percevoir tout le potentiel de l’IA, ils restent convaincus qu’elle va permettre d’optimiser la qualité et l’efficacité des différentes étapes de conception et de mise en oeuvre des parcours. Selon 40 % des responsables formation, la valeur ajoutée la plus claire de l’IA réside dans l’évaluation des compétences et le suivi du progrès des apprenants, devant la création de contenu pédagogique (39 %), puis la recommandation de modules (37 %), et enfin la personnalisation des parcours et l’automatisation des tâches RH/formation (35 %).Plus de neuf responsables formation sur dix estiment que l’IA peut leur permettre de répondre à des enjeux sur la réduction des coûts de développement, la facilité de mise à jour des contenus, mais aussi, surtout, sur la capacité à concilier « sur‑mesure et passage à l’échelle, tout en maintenant le lien humain grâce à des expériences d’apprentissage engageantes et personnalisées en temps réel ». Grâce à des jeux de rôle via l’IA, des classes virtuelles augmentées ou encore des avatars pédagogiques, cette technologie apparaît comme une réponse à la complexité logistique induite par les classes virtuelles, que soulignent 44 % des sondés, et à une qualité perçue comme variable des contenus (37 %).

Des usages majoritairement non encadrés

Plus globalement, 67 % des entreprises encouragent ou tolèrent l’utilisation de l’IA générative, quand seulement 20 % limitent ou bloquent son usage pour raison de sécurité. Près des deux tiers des organisations n’ont pas encore défini de règles d’utilisation interne, ce qui favorise un développement de pratiques fragmentées exposant l’entreprise à des risques juridiques et sécuritaires. Ce statu quo crée des écarts de maîtrise au sein des équipes et un manque de repères communs qui « soulèvent des questions stratégiques, comme en témoigne la gouvernance transverse des formations de l’IA ».Pour transformer les pratiques individuelles en levier collectif, les équipes formation doivent faire converger les différents acteurs de l’entreprise (direction, RH, managers et équipe IT ) pour définir les usages. L’étude confirme que les équipes formation sont en première ligne pour accompagner ces transformations : dans 47 % des entreprises, ce sont les responsables de ces services qui sont chargés de déployer les parcours dédiés à l’IA ; suivent les chargés de formation (35 %), les équipes RH (27 %) et les directions d’entreprise (25 %).

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