(AEF Info) L’obtention d’une qualification est de moins en moins associée à l’évolution professionnelle : seuls 11 % des salariés établissent un lien entre les deux, contre 15 % en 2025, selon l’édition 2026 du baromètre national de l’évolution professionnelle d’Avenir Actifs, publié le 9 septembre 2026. Le service public Mon CEP est connu par 44 % des salariés, la formation demeure son service le mieux identifié par les personnes connaissant le dispositif (46 %). Alors que l’IA conduit 46 % des salariés à réfléchir davantage à leur parcours, seuls 36 % ont été formés à son utilisation par leur organisation.

Près de huit salariés sur dix envisagent une évolution professionnelle dans les deux prochaines années, selon l’édition 2026 du baromètre territorial réalisé par l’Ifop pour le réseau Avenir Actifs qui fédère les opérateurs régionaux habilités à délivrer le service de conseil en évolution professionnelle (CEP) aux salariés du secteur privé (hors cadres) et aux travailleurs indépendants. Toutefois, l’obtention d’une qualification est de moins en moins synonyme d’évolution professionnelle pour les salariés, qui ne sont que 11 % à faire le lien entre ces deux thématiques, contre 15 % en 2025. L’obtention d’un diplôme reconnu n’est citée que par 2 % des 4 800 personnes interrogées.Pour 28 % des salariés, l’évolution professionnelle est avant tout liée à une augmentation salariale, contre 23 % en 2025. Pour 14 %, contre 12 % en 2025, elle consiste à acquérir davantage de responsabilités ; pour 13 %, contre 11 %, à être mieux reconnus dans leur travail ; et pour 12 %, à bénéficier d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, une proportion stable sur un an.
Des salariés majoritairement attachés à leur secteur d’activité
Parmi les salariés envisageant une évolution professionnelle dans les deux prochaines années, 61 % souhaitent avant tout évoluer dans le même secteur d’activité. S’y ajoutent 10 % qui souhaitent se reconvertir dans une fonction différente, mais toujours dans le même secteur, tandis que 21 % aimeraient se réorienter vers un autre secteur. Pour 5 %, il s’agit de créer leur propre activité et 2 % souhaitent trouver un emploi dans une autre région.Près des trois quarts des salariés estiment avoir la possibilité d’échanger avec leur responsable hiérarchique direct sur leur situation de travail. Ils sont 72 % à déclarer avoir bénéficié d’un entretien professionnel au cours des 24 derniers mois et 65 % à pouvoir aborder les perspectives de mobilité interne et de formation avec leur responsable hiérarchique, contre 60 % avec leur interlocuteur RH ou la direction de leur entreprise. Par ailleurs, 64 % affirment qu’il existe des parcours d’évolution ou de mobilité interne dans leur organisation et 63 % considèrent que leur entreprise leur donne la possibilité d’évoluer professionnellement.
Un peu plus d’un tiers des salariés formés à l’IA
L’enquête montre que l’IA s’est diffusée dans le quotidien professionnel des salariés, dont 57 % la perçoivent comme un outil d’aide à la réalisation de leur travail. Il est à noter que 41 % sont incités par leur organisation à utiliser l’IA, 38 % indiquent que celle‑ci a formalisé une charte encadrant son usage et 35 % déclarent avoir accès à des outils payants. Près de trois salariés sur dix affirment également être évalués sur leur utilisation de l’IA, mais seuls 36 % déclarent avoir été formés à son utilisation par leur organisation. Plus d’un quart des salariés estiment que cette technologie pourrait faire disparaître leur poste dans les deux années à venir (28 %). Cette proportion atteint 35 % chez les moins de 30 ans.Le développement de l’IA conduit 46 % des salariés à réfléchir davantage à leur parcours professionnel et 44 % estiment avoir une vision claire de ce que cette technologie changera dans leur poste au cours des prochains mois. Ils sont également 42 % à avoir déjà demandé à une IA des conseils sur leur évolution professionnelle.
Près d’un salarié sur deux dans l’expectative
Face aux transformations actuelles du travail, notamment liées à l’IA et à l’automatisation, 48 % des salariés préfèrent attendre de voir comment la situation évoluera, soit trois points de moins qu’en 2025. À l’inverse, 36 % commencent à anticiper une réflexion sur leur vie professionnelle, soit une hausse de cinq points, tandis que 16 % ont déjà amorcé une évolution professionnelle.Mon CEP est connu par 44 % des salariés, mais sa notoriété recule de cinq points en un an. Parmi les salariés déclarant connaître le dispositif, la formation reste son service le mieux identifié, avec 46 % des réponses. La valorisation des compétences ou de l’expérience est citée par 39 %, l’information sur les opportunités par 31 %, le changement de métier ou de secteur par 30 % et l’évolution dans l’entreprise également par 30 %.
Des missions mal identifiées
Les autres dimensions de l’accompagnement proposé par Mon CEP sont moins bien connues et leur notoriété est globalement en baisse. Ainsi, aujourd’hui, seulement 21 % des salariés connaissant le dispositif pensent qu’il permet de prendre du recul sur leur situation professionnelle et la même proportion estime qu’il peut les aider à trouver un nouvel emploi. La possibilité d’être accompagné pour devenir entrepreneur est citée par 19 % et l’aide au dialogue avec l’employeur par 17 %.Un peu plus d’un tiers des salariés déclarent avoir reçu de leur entreprise ou de leur organisation des informations sur Mon CEP (36 %). C’est le cas de 24 % des travailleurs non‑cadres, de 36 % des managers de proximité, de 53 % des managers intermédiaires et de 64 % des cadres dirigeants.En cas de questionnement sur leur situation de travail, 63 % des salariés pourraient envisager de solliciter Mon CEP. Ils se tourneraient néanmoins en priorité vers leurs proches (74 %) ou internet (72 %), tandis que 48 % pourraient solliciter une IA. Au sein de leur entreprise, 58 % pourraient demander conseil à leurs collègues, 57 % à leur manager, 54 % à leur direction des ressources humaines et 47 % à leur CSE. Enfin, 45 % pourraient se tourner vers France Travail, 44 % vers la médecine du travail et 42 % vers une organisation syndicale.