(France Compétences, Note d’Etude, janvier 2022) La crise actuelle, qui joue un rôle d’accélérateur de questionnements sur le sens et les conditions d’exercice de son activité, est une période propice à susciter des bifurcations professionnelles. Pour apprécier l’émergence et la mise en œuvre des parcours de reconversion, France compétences a conduit une étude (cf. encadrés) auprès d’individus ayant entamé
ou achevé une reconversion entre 2016 et 2021. Les expériences individuelles apparaissent nettement plus variées qu’attendues. Cette diversité ne recouvre pas l’opposition traditionnelle entre reconversions professionnelles subies et choisies, ni le schéma linéaire
de la reconversion dite volontaire.
Les reconversions ne sont pas réductibles à un changement de métier en dehors d’une entreprise et s’inscrivent parfois dans des temporalités courtes.
Régulièrement, elles suivent des dynamiques plus opportunistes que vocationnelles. Elles mobilisent, souvent mais pas systématiquement, des ressources formatives et d’accompagnement. Mais l’usage de ces ressources relève davantage de stratégies de « bricolage »1 que d’un enchaînement linéaire et séquencé. Les moteurs de la reconversion combinent généralement plusieurs facteurs d’ordre personnels et
professionnels. Cependant, l’insatisfaction au travail demeure presque toujours présente. Enfin, l’intensité des situations de changements et d’apprentissages connues antérieurement par l’individu n’est pas neutre dans l’appréhension du risque et la confiance dans son pouvoir d’agir. Lire la suite