Parcoursup et Mon master : la « déprise démographique » à venir va « impliquer des arbitrages importants » (G. Roussel, CESPM)

(AEF Info) Augmentation des publics réorientés et en reprise d’études, explosion de l’offre privée financée par l’apprentissage, « déprise démographique » qui va « impliquer des arbitrages importants » pour les politiques publiques : ce sont les trois « tendances lourdes » de l’édition 2026 du rapport du Comité éthique et scientifique de Parcoursup et Mon Master, rendu public par le CESPM lundi 13 avril 2026. Par ailleurs, il faudrait « rééquilibrer l’offre de formation en Île‑de‑France en développant les formations professionnalisantes », « supprimer tous les quotas académiques supplémentaires de bacheliers techno en BTS », etc.

« Trois tendances lourdes se dégagent de l’édition 2026 du rapport du CESPM (Comité éthique et scientifique de Parcoursup et Mon Master) », indique Gilles Roussel, son président, en conclusion de la conférence de presse de présentation de ce rapport, lundi 13 avril 2026 à Paris. Ces tendances sont : l’augmentation « des populations » réorientées et en reprises d’études ; l’explosion de l’offre privée financée par l’apprentissage ; la « déprise démographique » qui s’amorce et qui va, à l’avenir, « impliquer des arbitrages importants » pour les politiques publiques.

Huit ans après, un bilan de Parcoursup

Ce 8e rapport ‑ le quatrième sous la présidence de Gilles Roussel ‑ dresse dans son premier chapitre un bilan de la procédure Parcoursup, huit années après son lancement en 2018. Plusieurs évolutions sont pointées dans le rapport.

La montée en puissance de l’apprentissage

En premier lieu, le nombre de personnes ne candidatant que dans des formations en apprentissage a énormément augmenté, passant de 16 500 en 2018 à 42 000 en 2025, notamment en raison de la proportion grandissante de l’offre proposée en apprentissage. Ainsi, l’offre en apprentissage a augmenté de manière « spectaculaire », soit une multiplication par cinq qui a « sans doute atteint son apogée en 2024 » :

  • « en 2018, parmi les 13 469 formations offertes, 2 624 formations sont en apprentissage ; elles représentent environ 7 % de la totalité des places (52 300) ;
  • en 2025, parmi les 25 618 formations offertes, 11 380 formations sont en apprentissage (5 fois plus qu’en 2018) et elles représentent 26 % de la totalité des places (264 800) ».

Développer plus de formations professionnalisantes en Île‑de‑France

Le rapport revient sur la notion d’ « équité », à savoir que « les chances d’accès à l’enseignement supérieur ou à certaines de ses formations ne seront pas les mêmes en fonction du cursus scolaire antérieur et des notes du candidat », mais aussi de sa situation géographique.En effet, « si des néo‑bacheliers défavorisés ou éloignés des grands centres sont moins souvent admis dans des formations considérées comme ‘prestigieuses' », ce n’est « pas en raison des propositions de ces formations mais parce qu’ils y font moins de voeux ou acceptent moins souvent les propositions de ces formations. […] L’inégalité due à l’éloignement ne peut, quant à elle, être résolue en offrant partout tous les types de formations : la solution réside essentiellement dans une amélioration significative des transports, du logement et des aides destinées aux étudiants concernés avec un travail concerté entre État et collectivités locales, notamment les régions ».Le comité renouvelle aussi son alerte sur l’Île‑de‑France. En effet, « les néo‑bacheliers franciliens ont moins de chances de recevoir une proposition sur Parcoursup que ceux qui résident en dehors de l’Île‑de‑France », avec deux principales causes identifiées :

  • « insuffisance de formations professionnalisantes, et notamment déficit en BUT ;
  • prédominance de formations très attractives, ouvertes à toute la France, parmi les formations sélectives ».

Ainsi, la première des recommandations du rapport porte sur le besoin de « rééquilibrer l’offre de formation en Île‑de‑France en développant les formations professionnalisantes, notamment les BUT ».

Toujours le besoin de développer le surbooking

Le comité rappelle également que la procédure Parcoursup s’est « accélérée au fil des ans, notamment sur la phase principale ». En 2021, « les deux tiers des candidats admis attendaient moins de 14 jours pour recevoir la proposition qu’ils accepteront finalement », taux monté à trois quarts des candidats en 2025. En 2025, c’est le cas des trois quarts des candidats ».

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BTS et quotas

« C’est avant tout la difficulté de mobilité qui freine la poursuite d’études des bacheliers professionnels », selon le rapport. « Certes, les BTS constituent une ‘formation de proximité’ et ont une densité territoriale plus forte que d’autres formations d’enseignement supérieur », mais cela demande une cohérence entre la spécialité du bac et celle du BTS. » Ainsi, le rapport recommande de « rapprocher les BTS des lycées professionnels et des lycées polyvalents » et de « réinstaurer de véritables lycées professionnels des métiers, insérés dans leur tissu économique ».Le comité réitère également sa recommandation de « supprimer tous les quotas académiques supplémentaires de bacheliers technologiques dans les BTS ». « Les bacheliers professionnels doivent être clairement prioritaires dans les formations où ils ont une meilleure chance de réussir », tandis que les « bacheliers STMG , comme les autres bacheliers technologiques, ont vocation à poursuivre des études en BUT. Conserver des quotas de bacheliers technologiques en BTS ne sert qu’à masquer la pénurie de places en IUT, en Île‑de‑France en particulier, à exonérer les BUT du devoir de les accueillir et de les accompagner », analyse le comité.

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Accéder au rapport CESPM 2026