(Focus RH)
’intelligence artificielle ne supprime pas d’activités, mais elle en transforme ou en augmente la quasi-totalité. C’est l’un des enseignements de l’étude 2026 de Morgan Philips Group France, menée auprès de 101 de ses clients. Pour faire face à ces évolutions, 94 % des répondants citent la pensée critique comme la compétence humaine la plus précieuse.L

Les entreprises avancent sur l’IA plus vite qu’elles ne parviennent à l’organiser. C’est l’un des constats de l’étude 2026 de Morgan Philips Group France, groupe spécialisé dans le recrutement et le management de transition, consacrée aux compétences humaines face à l’intelligence artificielle. L’enquête, réalisée entre avril et juillet 2026 auprès de 101 professionnels clients du cabinet (responsables RH, dirigeants et managers opérationnels), est qualitative et ne prétend pas dresser un état des lieux du marché français. Elle éclaire plutôt la manière dont les organisations perçoivent l’évolution de leurs métiers.
L’IA transforme les activités davantage qu’elle ne les supprime
Premier signal : 88 % des répondants observent une progression de leur entreprise sur l’IA en un an, dont 40 % une forte progression. Le niveau moyen d’intégration n’atteint pourtant que 2,93 sur 5. Les usages se diffusent donc plus vite que leur structuration.
Interrogés sur l’effet dominant de l’IA sur les activités concernées, les professionnels ne signalent aucune suppression. Seules 5 % des activités sont considérées comme réduites. En revanche, 48,5 % sont décrites comme transformées, avec une montée en complexité, et 46,5 % comme augmentées en volume. Au total, ces deux catégories représentent 95 % des activités évaluées.
Ces résultats suggèrent que l’IA modifie la nature du travail sans nécessairement en diminuer la charge. La production de contenus, d’analyses ou de réponses par les outils d’IA peut notamment s’accompagner de besoins de vérification et d’arbitrage.
Les fonctions les plus exposées, selon les répondants, sont le marketing et la communication (70 %), suivis de l’IT et du digital (64 %), du juridique et de la conformité (61 %). Les ressources humaines et la finance atteignent chacune 60 %.
La pensée critique, en tête des compétences prioritaires face à l’IA
Face à ces évolutions, 94 % des répondants citent la pensée critique parmi les compétences humaines les plus précieuses. L’étude la définit comme la capacité à analyser une information, à la questionner et à en évaluer la fiabilité, y compris lorsqu’elle est produite par une IA. Elle devance nettement l’intelligence émotionnelle, citée par 66 % des répondants.
Le classement des trois compétences prioritaires pour 2026 confirme cette hiérarchie. La pensée critique obtient 161 points au score pondéré et arrive en première position pour un répondant sur deux (50,5 %). Suivent l’intelligence émotionnelle (106 points), la communication avancée (80 points), puis le jugement et la prise de décision (75 points).
Six répondants sur dix perçoivent un manque de profils adaptés à l’IA
Le développement de ces compétences constitue également un enjeu de recrutement et de gestion des talents. 60,4 % des répondants estiment que leur organisation manque, à des degrés divers, de profils disposant des compétences nécessaires face à l’IA. Parmi eux, 28,7 % évoquent un manque clairement identifié et 31,7 % un manque modéré. Le niveau moyen d’inquiétude reste néanmoins limité à 4,43 sur 10.
L’étude fait également apparaître des difficultés pour identifier ces profils. À la question portant sur les formes d’emploi permettant de les trouver, 46 % des répondants déclarent ne pas savoir où les chercher. Le recours au freelance est cité par 36 %, tandis que 18 % mentionnent le CDI, le CDD ou l’intérim.
Les profils hybrides concentrent les difficultés de recrutement
Les besoins exprimés dépassent les seuls spécialistes de l’IA. Parmi les métiers les plus difficiles à pourvoir, les répondants citent les profils IT, data, IA et cybersécurité (38 % des réponses exploitables), suivis des fonctions de management, de direction et de transformation (30 %).
La finance et la comptabilité arrivent ensuite (23 %), devant les métiers commerciaux et de la relation client (21 %), puis les fonctions techniques et industrielles (19 %).
Pour répondre à ces difficultés, la formation est privilégiée par rapport au recrutement dans neuf familles de métiers sur dix. Les métiers de l’IT constituent une exception : formation et recrutement y occupent une place presque équivalente. Pour cette famille de métiers, le recours au marché externe reste important, avec 69 % des réponses pour le CDI ou le CDD et 35 % pour le freelance ou le management de transition.
Le rapport complet est disponible sur le site de Morgan Philips.
Par La rédaction de Focus RH
Méthodologie :
L’étude qualitative de Morgan Philips France a été menée entre avril et juillet 2026 auprès de 101 professionnels clients, comprenant des responsables RH, des dirigeants et des managers opérationnels, issus d’entreprises de différentes tailles et de plusieurs secteurs d’activité.
L’échantillon comprend 38 % de répondants issus de grandes entreprises de plus de 700 salariés, 32 % de microentreprises de moins de 20 salariés, 17 % de PME et 13 % d’ETI. Par ailleurs, 55 % des répondants sont basés en Île-de-France.
L’échantillon n’est pas statistiquement représentatif du marché français. Les microentreprises et les structures de conseil, davantage exposées aux usages de l’IA, y sont notamment surreprésentées.
Plusieurs questions autorisaient des réponses multiples, ce qui explique que certains pourcentages cumulés puissent dépasser 100 %.
©sorapop
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