Chantier qualité, soutenabilité financière, gouvernance… : Sabrina Roubache précise ses attentes à France compétences

(AEF) Défense de la réforme de l’apprentissage, rappel du rôle « assumé » de l’État, priorités à la lutte contre la fraude, régulation par la qualité et amélioration du dialogue au sein de la gouvernance de France compétences. Tels sont les messages adressés par la ministre déléguée à la Formation professionnelle aux administrateurs de l’institution nationale lors de son intervention du jeudi 25 juin 2026. Un échange qui lui a permis de tendre la main pour un retour des régions au sein de France compétences, mais aussi d’avertir une nouvelle fois sur les risques du prochain débat budgétaire.

Chantier qualité, soutenabilité financière, gouvernance… : Sabrina Roubache précise ses attentes à France compétences

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Dépêche n°753190

Par Christophe Marty

Défense de la réforme de l’apprentissage, rappel du rôle « assumé » de l’État, priorités à la lutte contre la fraude, régulation par la qualité et amélioration du dialogue au sein de la gouvernance de France compétences. Tels sont les messages adressés par la ministre déléguée à la Formation professionnelle aux administrateurs de l’institution nationale lors de son intervention du jeudi 25 juin 2026. Un échange qui lui a permis de tendre la main pour un retour des régions au sein de France compétences, mais aussi d’avertir une nouvelle fois sur les risques du prochain débat budgétaire.

Visuel principal Sabrina Roubache, ministre déléguée à l'Enseignement et la Formation professionnels et à l'Apprentissage
Sabrina Roubache, ministre déléguée à l’Enseignement et la Formation professionnels et à l’ApprentissageCrédit image :  AEFinfo

« La France a réussi à faire de l’apprentissage une politique publique de premier plan. France compétences a joué un rôle central dans cette réussite et elle continuera à en être le pivot », a salué la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, Sabrina Roubache, lors de son intervention devant le conseil d’administration de l’institution nationale publique, jeudi 25 juin 2026. À cette occasion, elle a notamment défendu la réforme de l’apprentissage et renouvelé son soutien à France compétences à qui elle a par ailleurs posé quelques « jalons » pour l’avenir : « Les défis qui nous attendent, qualité, fraude, financement, gouvernance, sont exigeants. Mais ils sont à notre portée, à condition que nous les abordions ensemble, avec la même ambition et la même rigueur que celles qui ont présidé à la création de cette institution il y a maintenant sept ans. »

Acteur central du système

Sabrina Roubache a axé son intervention sur deux thèmes principaux, « la réussite de la politique d’apprentissage » et le rôle de France compétences, « acteur central [du] système de formation ». Elle reconnaît en effet que, « en quelques années, [l’établissement public] s’est imposé comme le garant de la cohérence de notre politique de formation professionnelle, [avec] une gouvernance [permettant] de construire une vision partagée des enjeux de compétences, au service des actifs, des entreprises et des territoires ».Une place centrale qui lui a permis d’accompagner toutes les réformes menées depuis 2019, dont celle de l’apprentissage dont la ministre estime qu’elle « fera date ». Une « réussite au coeur » de laquelle se trouve France compétences et qui « incarne la conviction que la formation professionnelle est trop importante pour être abandonnée à une seule logique, celle de l’État, des partenaires sociaux ou des territoires. C’est la combinaison de ces intelligences collectives qui fait la force de ce modèle », estime‑t‑elle.

Appel du pied aux régions

Sabrina Roubache a par ailleurs profité de son intervention pour tenter de renouer le dialogue avec les régions, après des décisions budgétaires successives qui ont provoqué la colère des collectivités. Un « mécontentement » sur des questions (gouvernance et baisse des dotations de l’apprentissage) que la ministre « entend », tant sur la question de la gouvernance de l’apprentissage modifiée en 2018 que sur les baisses récentes des dotations régionales. Des « sujets réels [qui] méritent un dialogue exigeant et respectueux [avec les] membres de plein droit [du] conseil d’administration » de France compétences que sont les régions. « Les régions sont des partenaires indispensables. Leur connaissance des territoires, leur compétence en matière d’aménagement du territoire et de développement économique, leur rôle dans l’orientation, sont irremplaçables. Nous devons travailler tous ensemble », a affirmé la ministre.

« Chantiers structurants » et financements

Pour autant, et tout en insistant sur le fait que cette réussite de l’apprentissage a un coût financier, Sabrina Roubache a rappelé que « l’État a pris ses responsabilités [en engageant] un redressement progressif » des finances de France compétences depuis 2023. Un déficit qu’elle refuse par ailleurs de voir comme un « ‘échec de la réforme » de l’apprentissage, mais au contraire comme « le signe qu’une réforme d’ampleur a été lancée avec sincérité et ambition, sans brider le système avant qu’il n’ait pu se structurer ». Sur la base de ce constat, elle a présenté aux administrateurs de France compétences les « quatre chantiers structurants de [son] action » pour les prochains mois, soit autant de « jalons » pour l’action de l’institution.« La soutenabilité financière de long terme » de France compétences est évidemment un sujet majeur. Malgré un « budget 2026 excédentaire, les équilibres restent fragiles, et les besoins de financement de l’apprentissage sont importants », a souligné Sabrina Roubache. Sans cacher que « le PLF pour 2027 sera l’occasion d’arbitrages structurants ». Dans cette perspective, elle s’est engagée  » à porter, avec Jean‑Pierre Farandou, l’ambition de l’apprentissage, à défendre les crédits nécessaires, et à veiller à ce que les efforts de rigueur que nous imposons au système ne se traduisent pas par une baisse de l’accès à la formation pour les jeunes ». « Car c’est là que se joue l’essentiel : que le million d’apprentis d’aujourd’hui ne devienne pas le symbole d’une parenthèse heureuse, mais le socle d’un système durablement solide », a souligné la ministre.

Gouvernance et dialogue

Un autre enjeu clairement identifié par la ministre déléguée à la Formation professionnelle est celui de la gouvernance de France compétences. « Les désaccords exprimés avec force ne doivent pas être niés. Ils révèlent que les enjeux sont importants, que les acteurs sont engagés, et que les décisions prises ici ont des conséquences réelles », a‑t‑elle noté. En réaffirmant donc la fonction importante jouée par l’institution nationale publique pour transformer les « tensions en décisions partagées », ce qui fait d’elle un lieu de « dialogue utile, indispensable, direct entre l’État, les régions, les partenaires sociaux. Pas un dialogue de façade, pas un dialogue qui dure jusqu’au premier désaccord, mais un dialogue qui en fait une matière pour progresser », a‑t‑elle insisté.Ce sujet de gouvernance, notamment sur les questions financières figure également parmi les priorités de France compétences. Un séminaire de l’ensemble des administrateurs est ainsi prévu le 17 septembre prochain pour les faire travailler sur le budget 2027 de l’institution.

Régulation par la qualité et lutte contre la fraude

Les deux autres sujets relevés par la ministre, qui sont au coeur de l’actualité depuis plusieurs mois et devraient dont être encore amenés à évoluer, sont ceux de la « régulation par la qualité » et de la « lutte contre la fraude ». Sur le premier point, elle a annoncé que « la révision de Qualiopi est en cours de finalisation » autour de quatre axes déjà identifiés dans le plan d’amélioration de la qualité de la formation, présenté en juillet 2025. Les évolutions devraient concerner « la lutte contre la fraude, la qualité pédagogique, la protection des apprentis et la transparence de la communication commerciale ». « Des discussions doivent encore avoir lieu, mais cela permettra d’exiger davantage des organismes de formation, et en particulier des CFA », a estimé Sabrina Roubache. Un sujet qualité dans lequel elle inscrit la révision des NPEClancée au printemps 2026 et qui doit permettre « d’aligner le financement sur la réalité économique des formations ».Alors que le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, qui porte plusieurs mesures relatives à la formation professionnelle et à l’apprentissage, est en attente de promulgation, la ministre a également mis en avant ce sujet pour les prochains mois. « Après la vague de fraudes au CPF, nous voyons se développer des fraudes dans le secteur de l’apprentissage [qui portent] atteinte au bon usage des deniers publics, mais [aussi] à la réputation de l’apprentissage et à la confiance […] dans ce système », a‑t‑elle regretté. En rappelant les dispositions contenues dans ce projet de loi, mais aussi l’instruction du ministère du Travail de février dernier, elle a affirmé que le gouvernement « ne transigera pas sur l’intégrité du système ».


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