(AEF Info) Avec la cellule interministérielle d’accompagnement mise en place au mois de mars dernier, le ministère du Travail s’est préoccupé de la poursuite de formation des apprentis de CFA qui font défaut. Il souhaite maintenant dépasser cette approche « curative » pour être dans une démarche plus proactive et détecter les CFA en difficulté le plus en amont possible, a annoncé Sabrina Roubache lors de son audition par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, le 30 juin. L’objectif serait de faciliter l’accès des CFA aux dispositifs d’accompagnement de l’État en régions.
« Je prépare une instruction interministérielle pour favoriser la détection en amont des CFA défaillants », a annoncé la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, Sabrina Roubache, lors de son audition par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, mardi 30 juin 2026. Un échange intervenu dans le cadre de l’adoption du rapport d’évaluation des politiques publiques sur les effets de la baisse des crédits liés à l’apprentissage. Ce document pointe notamment l’impact des régulations successives des NPEC depuis 2022 sur la santé économique des CFA. Ils étaient ainsi 34 % à être déficitaires en 2024.
Extension de la cellule de gestion de crise
Si plusieurs députés ont également pointé la baisse des enveloppes régionales comme une cause des difficultés des CFA, la ministre a minoré son rôle. Tout en reconnaissant « les coupes » qui ont eu lieu, elle a en effet souligné que, « au moment où on se parle, les CFA défaillants ne le sont pas parce que les régions ont vu leurs crédits diminuer. Ils sont défaillants parce que le modèle économique est tendu ou mal adapté, en cas de fraude ou parce qu’ils sont mal gérés, mais comme il y a des entreprises mal gérées ou des associations mal gérées », a‑t‑elle tenu à nuancer.Au début du printemps, les ministères du Travail, de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ont abordé le sujet des CFA défaillants par la question de la continuité du parcours de formation des apprentis. Une « cellule de gestion de crise » a été mise en place pour trouver des solutions alternatives aux apprentis concernés par les fermetures de centres pour « éviter les ruptures de parcours ». Cette cellule avait aussi dans ces objectifs d' »assurer une mission de veille et de centralisation des informations afin d’anticiper les défaillances »
Détecter en amont et accompagner
Concrètement, les équipes de Sabrina Roubache, avec celles des ministères du Travail, de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, travaillent à l’actualisation de l’instruction interministérielle de mars 2026 qui a instauré cette cellule d’accompagnement. L’objectif est de faciliter la mobilisation des moyens de l’État en région pour détecter les CFA en difficulté le plus tôt possible et appuyer les restructurations ou remédiations nécessaires. Cette nouvelle instruction interministérielle devrait être diffusée d’ici « quelques semaines », a précisé Sabrina Roubache aux députés.« Pouvoir détecter les dysfonctionnements très en amont permettra de ne plus être systématiquement dans une politique du curatif avec les CFA », espère la ministre déléguée à l’Apprentissage. Elle note en effet que, si la « cellule interministérielle fait remarquablement bien son travail et ne laisse aucun apprenant sur le bord du chemin, nous arrivons aujourd’hui après coup. Nous constatons les ravages. » Pour elle, cette future circulaire sera « vraiment l’outil qui va permettre [à l’État] de détecter les CFA qui ont des difficultés et pourquoi ils ont ces difficultés. Grâce aux comptabilités analytiques, on arrive tout de suite à détecter pourquoi ça ne marche pas et accompagner le CFA dans la restructuration et, parfois, dans l’abandon de certaines formations qui n’insèrent pas. »