Mise en suspens depuis plus de deux mois, la révision de l’aide au premier équipement pédagogique des apprentis devrait aboutir rapidement. Devant les administrateurs de France compétences, jeudi 25 juin 2026, Sabrina Roubache a précisé l’approche défendue par le ministère du Travail sur le sujet. La priorité pourrait être donnée aux premiers niveaux de qualification. Mi‑avril, un projet de décret prévoyant d’abaisser cette aide de l’État de 500 euros actuellement à 200 € pour tous les apprentis, a déclenché une vague de protestation des acteurs de l’apprentissage et des partenaires sociaux.
Depuis le 1er janvier 2019, les Opco peuvent prendre en charge, au titre des frais annexes de l’apprentissage, « les frais de premier équipement pédagogique nécessaire à l’exécution de la formation […] selon un forfait […] identique pour l’ensemble des CFA concernés, établi en fonction de la nature des activités des apprentis, et dans la limite d’un plafond maximal de 500 € ». Une aide particulièrement utile selon les acteurs de l’apprentissage, mais qui a un coût pour les finances publiques. En conséquence, dans le cadre des recherches d’économies budgétaires, le ministère du Travail a envoyé à la concertation un projet de décret qui prévoyait deramener le montant maximal de cette aide au premier équipement de 500 € à 200 €. Face à la levée de boucliers immédiate suscité par la perspective d’une baisse drastique de l’aide défendue en premier lieu par Bercy, les ministères du Travail et de la Formation professionnelle ont obtenu que ce texte soit mis à l’arbitrage de Matignon.
Préserver les niveaux 3 et 4
Lors de son intervention devant le conseil d’administration de France compétences, jeudi 25 juin 2026, la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, Sabrina Roubache, a indiqué que son ministère et celui de Jean‑Pierre Farandou allaient transmettre à Matignon une proposition visant à préserver cette aide sur les premiers niveaux de qualification. Concrètement, l’idée des ministères sociaux est de maintenir cette aide au premier équipement à hauteur de 500 € pour les apprentis visant une certification de niveau 3 (CAP, BEP) ou 4 (Bac) et de « l’ajuster » pour les niveaux 5 (Bac+2), ce qui revient à l’abaisser à 300 €. En revanche, dans ce scénario, l’aide au premier équipement serait supprimée pour les apprentis visant une certification de niveau 6 (Bac+3 et Bac+4) et 7 (Bac+5 et plus).Cette proposition devait être transmise à Matignon le 26 juin. Sachant qu’une dernière phase de consultation de la CNNCEFP est prévue à la mi‑juillet, un éventuel nouveau projet de décret devrait être transmis à ses membres dans les prochains jours. Dans le cas où Matignon trancherait en faveur du maintien de la proposition initiale (réduction du plafond de l’aide à 200 € pour l’ensemble des apprentis), le projet de décret présenté mi‑avril pourrait être rapidement publié. Cette proposition devait permettre de générer 15 M€ d’économies sur dix mois, estimait alors le ministère du Travail.