Opco Santé : la convention d’objectifs et de moyens 2026-2028 vise le maintien de 12 000 apprentis par an

(AEF Info) – 19-08-26) Signée le 23 juin 2026, la COM 2026‑2028 entre l’Opco Santé et la DGEFP estime à 202 M€ par an le montant des fonds gérés et prévoit une baisse de 4 M€ des frais de gestion (11,79M€) et de mission (13,74 M€). Couvrant 1,163 million de salariés dans un secteur avec 25 000 postes vacants, elle s’articule autour de trois axes : GEPP, sécuriser les parcours professionnels et renforcer l’accompagnement des adhérents. L’Opco Santé devra notamment maintenir le traitement de 12 000 dossiers d’apprentis par an, et porter à 60 % en 2028 son taux de pénétration auprès des PME de moins de 50 salariés.

La convention d’objectifs et de moyens signée le 23 juin 2026 par l’Opco Santé et la DGEFP pour la période 2026‑2028 fixe pour 2026 le montant des frais de gestion de l’organisme à 11,79 M€ et celui de ses frais de mission à 13,74 M€, pour un total de fonds gérés estimé à 202 M€.L’estimation des fonds gérés est la même pour 2027 et 2028, avec la répartition suivante : 189 M€ pour l’alternance, 8,5 M€ pour le plan de développement des compétences ‑ 50 salariés ‑ et 4,5 M€ pour les périodes de reconversion. Dans le cadre des efforts d’économie de 80 M€ en 2026 et de 20 M€ en 2027 imposés aux onze opérateurs de compétences, le montant des frais de gestion sera de 11,4 M€ (5,7 %) en 2027 et 2028, et celui des frais de mission de 13,3 M€ (6,6 %), pour un total de fonds gérés qui reste évalué à 202 M€.Le périmètre couvert par l’Opco Santé comprend 1,163 million de salariés et 25 000 postes vacants, tandis que près d’un établissement sur deux rencontre des difficultés de recrutement. Toutefois, « malgré une baisse de 4 M€ imposée par l’État sur le montant des frais de gestion et de mission, cette convention signée permet à l’Opco Santé de disposer d’un cadre défini pour déployer son plan stratégique sur la période », souligne l’opérateur de compétences le 8 juillet 2026.

Répondre à trois enjeux majeurs

La convention d’objectifs et de moyens porte principalement sur trois enjeux majeurs. Il s’agit, premièrement, de renforcer la capacité d’anticipation de l’Opco Santé concernant l’évolution de l’emploi, des compétences et des secteurs, dans un contexte où la transition digitale, mais aussi le vieillissement des salariés, accélèrent ces évolutions. Le deuxième axe prioritaire a pour objectif de favoriser les parcours professionnels, « en portant les enjeux communs des secteurs ». Le dernier concerne l’accompagnement des adhérents « par une offre de services toujours plus réactive, performante et de proximité ».Dans ce cadre global, l’Opco Santé s’engage à maintenir un niveau d’activité de 12 000 dossiers d’apprentis par an. L’opérateur souhaite aussi, notamment, lever les freins réglementaires au développement de cette modalité pédagogique, en accompagnant la réalisation de stages dans les établissements d’un même secteur d’activité, au sein d’un territoire ou d’un même groupe. Il émet toutefois une réserve sur cet objectif quantitatif en raison de la baisse des financements dans un secteur principalement composé de structures de moins de 50 salariés, « pour lesquelles les conditions de reste à charge et les modalités d’accompagnement des apprentis constituent des facteurs déterminants de l’activité ».

Personnaliser l’accompagnement des TPME

Pour l’accompagnement des TPME, l’accent sera mis sur la personnalisation de l’accompagnement, notamment selon la taille et la maturité RH des structures, un objectif qui implique de « redéfinir l’approche conseil » dans les années à venir. En 2024, le taux de pénétration des PME de moins de 50 salariés était de 56 % ; l’objectif est d’atteindre 59 % en 2027 et 60 % en 2028. Dans un contexte financier contraint et face à des besoins croissants, l’Opco mise sur des financements multiples (contributions des adhérents, dotation légale, partenariats nationaux et régionaux…) et sur l’orientation du budget vers les priorités vitales : former, qualifier et fidéliser. Dans ce cadre, l’État s’engage, entre autres, à soutenir l’expérimentation de nouvelles modalités d’accompagnement innovantes, mais aussi à accompagner l’opérateur dans ses relations avec la Caisse des dépôts concernant le cofinancement du CPF.En matière d’anticipation des transitions écologiques et numériques, l’Opco s’engage à produire au minimum trois études par an sur ces thématiques, mais aussi à déployer des parcours consacrés à l’IA ou encore à la cybersécurité. L’État devra faciliter leur référencement et améliorer la lisibilité de l’offre de formation, en soutenant la montée en compétences sur ces technologies.Ces ambitions font écho aux objectifs consacrés à la sécurisation des parcours et portant sur les enjeux communs aux différents secteurs. Pour garantir l’employabilité des salariés, l’opérateur s’engage à consolider les dispositifs de sécurisation des parcours, comme les périodes de reconversion et les transitions professionnelles, mais aussi à multiplier les sources de financement publiques et privées. Il s’agit également d’orienter les investissements vers les cursus diplômants et qualifiants « à fort impact sur l’attractivité et la fidélisation ». L’accès à la formation des seniors de plus de 50 ans sera priorisé dans ce cadre.

Optimiser la gestion

La convention met également l’accent sur l’efficience, la qualité de la gestion ainsi que la maîtrise des risques et des systèmes d’information, ce qui implique d’optimiser et de simplifier le parcours des adhérents, mais aussi de garantir une gestion rigoureuse, stratégique et soutenable. À ce titre, la convention prévoit d’actualiser « la comptabilité analytique avec les éléments issus du groupe de travail inter‑Opco », mais aussi de stabiliser et de finaliser le système d’information de gestion. L’État devra lui proposer un cadre méthodologique stabilisé et partagé par l’ensemble des Opco, les soutenir dans l’évolution des outils de suivi et des systèmes d’information nationaux, et appuyer leurs démarches de mutualisation (achats, immobilier, services partagés…).L’Opco Santé s’engage également à maintenir la qualité du traitement des dossiers, sans dépasser le délai actuel fixé à 20 jours. Il devra aussi améliorer la qualité, la complétude et la fiabilité des données, notamment de celles qui sont exploitées sur la plateforme d’échange de données de la formation professionnelle Agora.

Lutte contre la fraude

L’un des axes de la convention est consacré à la lutte contre la fraude. Elle précise qu’en 2025, l’Opco Santé a commencé à formaliser sa politique de contrôle des organismes de formation, avec plus de 300 signalements à traiter. Le développement du nouvel outil de gestion en 2026 devrait permettre de mettre en place des contrôles de masse.

Image : La convention d’objectifs et de moyens vise notamment à renforcer la capacité d’anticipation de l’Opco Santé concernant l’évolution de l’emploi, des compétences et des secteurs.Crédit image :  ShutterStock

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