(AEF Info) L’Opco EP a engagé 1,895 Md€ au titre de l’alternance en 2025, soit 7,4 % de moins qu’en 2024, pour 182 983 contrats traités (‑6,5 %). Dans le même temps, le financement de la formation continue a progressé de 6,8 %. Alors que le sujet est au coeur des échanges entre Opco et pouvoirs publics depuis plusieurs mois, l’opérateur de compétences profite de son rapport d’activité 2025 pour souligner qu’il a contrôlé 71 000 dossiers et factures l’an passé, contre 46 000 en 2024. Il fait également état d’un renforcement de l’usage des outils numériques dans la gestion des dossiers et de ses services.
« Face à un contexte économique et budgétaire contraint, 2025 a confirmé la force du paritarisme : une mobilisation constante et concrète au service des entreprises et des salariés. Portés par cette conviction, nous plaçons les trajectoires professionnelles et les besoins des employeurs au coeur de notre action », affirme Céline Schwebel (CPME), la présidente de l’Opco EP, dans un communiqué diffusé fin août 2026 à l’occasion de la publication du rapport d’activité 2025 de l’opérateur de compétences des entreprises de proximité. Un exercice qui est donc l’occasion pour l’Opco d’insister sur l’importance du rôle du paritarisme dans l’accompagnement, notamment pour rapprocher les enjeux nationaux, sectoriels et territoriaux et prendre en compte les problématiques des branches.En 2025, l’Opco EP a accompagné 442 700 entreprises dont 99 % comptent moins de 50 salariés, et qui emploient 2,5 millions de salariés (94 % d’entre eux travaillent dans des PME de dix salariés ou moins). Au total, l’opérateur couvre 54 branches professionnelles et l’interprofession, dans les secteurs de l’artisanat, des services de proximité, du cadre de vie et des professions libérales.
Tassement de l’alternance, hausse de la formation continue
L’alternance demeure le principal poste financier avec 1 895,4 M€ engagés en 2025 (2 046,5 M€ en 2024, soit ‑7,4 %) pour financer 182 983 contrats en alternance (195 630 en 2024, ‑6,5 %). Dans le détail, ce sont 165 000 contrats d’apprentissage (177 115 en 2024, ‑6,8 %) dématérialisés à 99 %, et 14 852 contrats de professionnalisation (15 642, ‑5 %) « dématérialisés à 83 % », qui ont été financés. L’Opco EP indique avoir assuré « une large part des engagements en moins de 48 heures », et avoir fait passer le délai moyen de paiement des contrats d’apprentissage de 10,7 à 8,6 jours en un an. Des précisions loin d’être anodines alors que le ministère du Travail a lancé une mission Igas pour explorer des pistes d’amélioration de la lutte contre la fraude en apprentissage, qui envisage notamment une possible centralisation de l’enregistrement de ces contrats.Dans le même temps, le financement des activités de formation professionnelle continue progresse de « 6,8 % ». L’Opco EP comptabilise 636 333 stagiaires formés en 2025, tandis que le nombre d’actions individuelles atteint 272 030, en hausse de 10 %. L’opérateur de compétences relève également une forte progression des actions collectives qu’il a financées (2 170 actions réalisées, soit +92 %) et souligne l’augmentation significative du recours au plan de développement des compétences des entreprises de moins de 50 salariés, avec 165,6 M€ engagés, contre 137,2 M€ en 2024 (+20,7 %).
Offre de services et transformation numérique
L’opérateur de compétences profite par ailleurs de son rapport d’activité pour rappeler les évolutions de son offre de services, avec notamment le lancement, en octobre 2025, de « Sélexion », un catalogue de formations transverses dont la prise en charge peut atteindre 100 % des coûts pédagogiques. Il a parallèlement poursuivi le développement de son Hub de l’alternance, qui totalise « plus de 2 millions de connexions depuis 2024 ». Dans le même temps, l’accompagnement de proximité s’est traduit par 44 568 rendez‑vous réalisés en présentiel dans les entreprises (contre 45 980 en 2024, ‑3,1 %), ainsi que par une offre de conseil RH proposée aux petites entreprises, notamment pour les accompagner dans leur gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.L’Opco EP met également en avant la transformation numérique de son fonctionnement au cours de l’année 2025 avec « 24 projets majeurs et six évolutions structurantes déployés pour renforcer la qualité, la fiabilité et la sécurité du système d’information et anticiper les évolutions réglementaires ». De plus, il a structuré sa « stratégie Data & IA » en créant un comité dédié. Une expérimentation d’un outil d’IA générative a été conduite auprès de 200 collaborateurs, tandis que 68 salariés ont été formés à l’intelligence artificielle.
Renforcement de la lutte contre la fraude
Sans surprise, dans le contexte de pression ministérielle, l’Opco EP consacre un axe spécifique de son rapport d’activité 2025 à la lutte contre la fraude. Il souligne ainsi avoir « construit sa stratégie globale sur trois piliers » : « prévention, détection et réaction ». Le dispositif mis en oeuvre comprend notamment des actions de sensibilisation des acteurs et des salariés de l’Opco, l’analyse et le croisement des données afin d’identifier les risques, ainsi que la sécurisation des paiements et le traitement des alertes. Au total, 71 000 dossiers et factures ont été contrôlés dans le cadre d’un plan annuel mobilisant l’ensemble des directions concernées. 9 067 appels sortants ont également été réalisés dans le cadre de la lutte contre la fraude.L’opérateur de compétences inscrit ce renforcement des contrôles dans une politique plus large de sécurisation du cadre numérique. Le rapport fait ainsi état d’une attention particulière portée à la cybersécurité, avec le renforcement des dispositifs de protection des systèmes d’information et des données et des actions de sensibilisation aux bonnes pratiques numériques.
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