Les logiques et parcours de formation au sein des expérimentations ETCLD

(CEREQ, 02/05/2025)

La Loi (Loi n° 2020-1577 du 14 décembre 2020 relative au renforcement de l’inclusion dans l’emploi par l’activité économique et à l’expérimentation « territoire zéro chômeur de longue durée ») confie au Fonds d’expérimentation la mission de réaliser un Bilan. A la lumière des retours de la pratique des territoires et du pilotage national, de multiples sujets croisant l’expérimentation ont été identifiés. Comment évoluent les savoir-faire ? Comment évoluent les entreprises ? Pour quels parcours ? Le Céreq est partenaire du Fonds Expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée (ETCLD) pour réaliser une recherche dans le cadre du bilan 2024 et de l’évaluation de l’expérimentation. Pour cette recherche, les équipes du Céreq ont rencontré dans les territoires des personnes impliquées dans les expérimentations.

1/ Les entreprises à but d’emploi (EBE) mettent en place des actions de formation et d’accompagnement social pour leurs salarié·es. Les moyens humains et financiers pour organiser et développer des pratiques de gestion des compétences sont limités.

2/ Le développement de la formation en EBE est rendu complexe lors des premières années d’exercice par des effectifs salariés en croissance forte et des activités productives variées et évolutives. Sont priorisées les formations obligatoires, puis celles sur les compétences sociales et savoirs être en entreprise, et les formations en situation de travail.

3/ Les formations en situation de travail sont réalisées par les encadrant·es, et entre pairs par les salarié·es dans un contexte où la polyvalence est requise et rendue possible par l’adaptation des postes de travail. Des formations qualifiantes sont mises en place pour les salarié·es positionné·es sur les fonctions support de l’entreprise.

4/ Dans les parcours des PPDE qui intègrent l’expérimentation, les actions d’accompagnement et de formation sont fréquentes et visent à accroître la capacité à agir, à redonner confiance en soi et à apporter des réponses aux situations complexes des personnes en termes de revenu, logement, santé, handicap, mobilité…, etc.

5/ Ces actions sont suivies par l’équipe opérationnelle de l’expérimentation, en étroite collaboration avec les opérateurs locaux de l’emploi et de la formation, partenaires au sein du Comité local pour l’emploi, et fréquemment en lien avec la direction de l’EBE.

6/ La préparation à l’embauche en EBE est une phase cruciale dans le parcours et souvent outillée par des périodes de stage et de mise en situation professionnelle, ou encore de formation aux comportements et savoir-être en entreprise.

7/ Pour la plupart des PPDE, la motivation première à rejoindre l’expérimentation est la perspective de retrouver un emploi et non de se former. On observe trois types de rapports à la formation (distant, hésitant, enthousiaste) qui vont différer selon les caractéristiques des individus, leurs parcours et les contextes organisationnels et territoriaux.

8/ La stabilisation en CDI et un accompagnement social sont les conditions nécessaires pour se projeter dans un parcours de formation, à l’intérieur ou en dehors de l’EBE. La qualité des emplois disponibles et accessibles localement influence la possibilité de valoriser les formations et connaître une mobilité professionnelle en dehors de l’EBE.

Pour aller plus loin :