Opco EP a signé sa convention d’objectifs et de moyens 2026‑2028 avec le ministère du Travail fin juillet. Cette dernière s’articule autour de six axes communs à l’ensemble des Opco et un septième axe spécifique construit autour de quatre indicateurs. Opco EP mettra ainsi l’accent sur la formation des seniors, la sécurisation des parcours de formation en alternance, l’égalité professionnelle et, de manière plus large, au suivi des expérimentations mises en oeuvre. En outre, cette nouvelle contractualisation s’inscrit dans le cadre des économies imposées par l’État à l’ensemble des Opco.
« Opco EP signe, le 28 juillet 2026, sa convention d’objectifs et de moyens (COM) 2026‑2028 avec l’État, représenté par le ministère du Travail », annonce l’opérateur de compétences des entreprises de proximité dans un communiqué diffusé le 6 août suivant. Il est le cinquième des onze Opco à communiquer sur la finalisation de sa nouvelle COM après l’Opco Santé, l’Afdas, Atlas et Opco Mobilités. Pour sa part, Contructys a confirmé la finalisation de sa COM fin juin, avec une signature qui était prévue le mois suivant. Opco EP souligne que sa nouvelle convention d’objectifs et de moyens « réaffirme son engagement en faveur d’une politique de développement des compétences plus inclusive et adaptée aux évolutions du monde du travail ».
« Contexte budgétaire resserré »
Cette nouvelle contractualisation avec l’État, la troisième après les conventions signées en 2020 et 2023, s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu. Dans le cadre des économies budgétaires recherchées dans le champ du ministère du Travail, le gouvernement a en effet imposé aux Opco une diminution de leurs frais généraux d’information et de missions (FGIM) de 100M€ à réaliser entre les exercices 2026 et 2027.Comme en 2023, où il avait déjà souligné devoir tenir compte d’un « un contexte économique contraint », Opco EP souligne que « les orientations stratégiques qui structurent [sa nouvelle COM] s’inscrivent dans un contexte budgétaire resserré ». Selon les informations d’AEF info, il devrait être amené à réaliser une économie globale de près de 20,2 M€ sur ses FGIM, dont 80 % (un peu plus de 16,1 M€) dès cette année. En 2024, ses frais de missions et de gestion se montaient à un peu plus de 126,8 M€. Son budget de fonctionnement devrait donc diminuer d’environ ‑15,8 % d’ici fin 2027.
Transitions et lutte contre les fraudes
Opco EP indique que, « malgré cette contrainte » budgétaire, il entend poursuivre « son ambition d’accompagner les entreprises de proximité face aux transitions démographique, numérique et écologique qui transforment leurs métiers et les besoins en compétences », insistant particulièrement sur « la dimension territoriale [de sa] nouvelle convention ». De plus, et alors que la question de la lutte contre la fraude dans le champ de la formation professionnelle, et particulièrement de l’apprentissage, est au centre de l’attention des pouvoirs publics, il souligne que sa nouvelle COM « renforce [également] les dispositifs de contrôle, de prévention et de lutte contre la fraude afin de sécuriser les financements, d’en garantir la bonne utilisation et de préserver la confiance dans le système de formation professionnelle et d’alternance ».Ces différents enjeux sont principalement matérialisés dans les six axes communs à l’ensemble des conventions d’objectifs et de moyens signées entre les opérateurs de compétences et le ministère du Travail, à savoir :
- « développement, sécurisation et qualité de l’apprentissage » ;
- « accompagnement des TPME et accès équitable à la formation » ;
- « anticipation des transitions écologique et numérique » ;
- « sécurisation des parcours professionnels » ;
- « efficience, qualité de gestion, maîtrise des risques et systèmes d’information » ;
- « sécurisation financière, contrôles et lutte contre la fraude ».
Un axe spécifique au coeur des actualités
Le septième axe des COM 2026‑2028 est spécifique à chaque Opco et définit par ce dernier en accord avec la DGEFP. Opco EP indique qu’il « traduit [ses] engagements spécifiques au regard de sa stratégie » et « s’articule autour de quatre indicateurs » qui correspondent de fait à différentes priorités affirmées par le ministère du Travail ces derniers mois. Le premier indicateur porte ainsi sur « l’accès à la formation des salariés expérimentés (50 ans et plus) », l’opérateur de compétences s’engageant « à structurer un suivi de l’accès à la formation de ce public selon leur poids effectif dans l’entreprise et selon la taille de l’entreprise, tout en valorisant ces analyses auprès des branches professionnelles afin d’éclairer les politiques de formation et de transmission des compétences ».Dans le cadre de son deuxième indicateur, Opco EP va « déployer un suivi régulier des écarts d’accès à la formation entre les femmes et les hommes ». Dans ce cadre, il va « mettre à disposition des branches professionnelles les indicateurs permettant d’apprécier les conditions d’accès comparées des femmes et des hommes à la formation, en vue d’éclairer les dynamiques d’égalité professionnelle ». Le troisième indicateur spécifique choisi par Opco EP concerne la sécurisation des parcours des alternants. Une problématique identifiée de longue date par l’opérateur de compétences. Enfin, le quatrième indicateur de l’axe spécifique de la nouvelle COM d’Opco EP concerne de manière globale le suivi des « expérimentations ». L’opérateur de compétences « s’engage à recenser et suivre les expérimentations conduites au niveau national et territorial et en analyser les enseignements afin d’éclairer les conditions de leur éventuel déploiement à plus large échelle ».
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