(Midi Libre)
Mardi 1er septembre, Bruno Retailleau a détaillé une série de mesures sur l’école qu’il entend porter dans son programme lors de l’élection présidentielle de 2027. Figure parmi ces propositions celle d’abaisser à 14 ans l’âge d’ouverture à l’apprentissage.
Lundi 31 août, Bruno Retailleau a présenté une portion de son programme concernant l’école. Dans les grandes lignes, le candidat LR à l’élection présidentielle de 2027 a notamment ébauché l’idée d’un retour de l’accès à l’apprentissage dès 14 ans, rapporteLe Monde.
Dans les faits, un adolescent pourrait être mis dès la quatrième en contact avec une entreprise. Aujourd’hui, l’apprentissage n’est accessible que dès 16 ans, ou 15 ans si l’adolescent a terminé le premier cycle de l’enseignement secondaire.
Redonner ses lettres d’or à « l’intelligence de la main »
Avec cette proposition, Bruno Retailleau entend aller contre le « gauchisme d’atmosphère », et l’idée « qu’il faut protéger l’enfant de l’entreprise car patron serait un exploiteur ».
L’ancien ministre de l’Intérieur français en a, de son aveu,« marre qu’on dévalue les enfants qui ont une intelligence de la main, qui sont plus à l’aise dans le concret plutôt que dans l’abstrait ». « Je préfère un jeune avec un CAP ou un bac pro et un emploi à la clé, plutôt qu’un master avec Pôle emploi à la fin »,a-t-il ajouté au micro de RTL mardi 1er septembre, jour de rentrée.
Pour le patron du parti Renaissance, la formation professionnelle est « la cinquième roue du carrosse »de l’Éducation nationale. Pour ne plus qu’elle soit « dévalorisée », Bruno Retailleau appelle à ce qu’elle soit « arrachée » de ce ministère.
Des changements juridiques
Mais attention, ces mesures impliqueraient « le vote d’une loi, la modification du Code du travail et du Code de l’éducation, ainsi que des décrets d’application »,glissent les experts du cabinet d’avocats Dairia sur leur site. À cela s’ajouterait une réflexion sur les dérogations à apporter à la liste des travaux dangereux interdits, ou encore sur la durée de travail, « contrainte la plus sous-estimée » pour les employeurs.
« Le vrai problème, c’est le planning »,insiste un responsable des ressources humaines cité dans la note. Évoluant dans une entreprise industrielle de taille intermédiaire, il poursuit : « Avec un plafond de 8 heures par jour, une pause imposée après 4 h 30 et un repos de deux jours consécutifs, un jeune de 14 ans devient impilotable sur une ligne de production qui tourne en équipes. Personne dans nos ateliers n’a un poste calibré pour ça ».
Ce, sans oublier la question des crédits publics dédiés à l’apprentissage, en « baisse continue », soulignent les auteurs de la note. De nombreux éléments, donc, qu’il incombera de prendre en considération.
Image : Jusqu’à présent, l’apprentissage est accessible à partir de 16 ans, une fois le premier cycle de l’enseignement secondaire achevé.
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